L’Imitation de Jésus-Christ : la componction du cœur

Publié le 13 Avr 2014
L'Imitation de Jésus-Christ : la componction du cœur L'Homme Nouveau

En ce dimanche des Rameaux où nous fêtons le Christ-Roi avant son entrée dans la Passion, continuons notre lecture de L’Imitation de Jésus-Christ, au Livre premier. Au chapitre XXI, l’auteur introduit quelques conseils pour faire grandir en l’âme de son lecteur la componction du cœur. Bonne Semaine Sainte.

La crainte de Dieu

Si vous voulez faire quelque progrès, conservez-vous dans la crainte de Dieu et ne soyez point trop libre; mais soumettez vos sens à une sévère discipline et ne vous livrez pas aux joies insensées.?Disposez votre coeur à la componction et vous trouverez la vraie piété.?La componction produit beaucoup de bien, qu’on perd bientôt en s’abandonnant aux vains mouvements de son coeur.?Chose étrange, qu’un homme en cette vie puisse se reposer pleinement dans la joie, lorsqu’il considère son exil, et à combien de périls est exposée son âme !

La vraie liberté

A cause de la légèreté de notre coeur et de l’oubli de nos défauts, nous ne sentons pas les maux de notre âme, et souvent nous rions vainement quand nous devrions bien plutôt pleurer.?Il n’y a de vraie liberté et de joie solide que dans la crainte de Dieu et la bonne conscience.?Heureux qui peut éloigner tout ce qui le distrait et l’arrête, pour se recueillir tout entier dans une sainte componction.?Heureux qui rejette tout ce qui peut souiller sa conscience ou l’appesantir.?Combattez généreusement: on triomphe d’une habitude par une autre habitude.?Si vous savez laisser là les hommes, ils vous laisseront bientôt faire ce que vous voudrez.

Ayez soin de vous reprendre vous-même

N’attirez pas à vous les affaires d’autrui et ne vous embarrassez point dans celles des grands.?Que votre oeil soit ouvert sur vous d’abord; et avant de reprendre vos amis, ayez soin de vous reprendre vous-même.?Si vous n’avez point la faveur des hommes, ne vous en attristez point; mais que votre peine soit de ne pas vivre aussi bien et avec autant de vigilance que le devrait un serviteur de Dieu et un bon religieux.?Il est plus souvent utile et plus sûr de n’avoir pas beaucoup de consolations dans cette vie, et surtout de consolations sensibles.?Cependant, si nous sommes privés de consolations divines, ou si nous ne les éprouvons que rarement, la faute en est à nous, parce que nous ne cherchons point la componction du coeur et que nous ne rejetons pas entièrement les vaines consolations du dehors.

La parfaite componction

Reconnaissez que vous êtes indignes des consolations célestes et que vous méritez plutôt de grandes tribulations.?Quand l’homme est pénétré d’une parfaite componction, le monde entier lui est alors amer et insupportable.?Le juste trouve toujours assez de sujets de s’affliger et de pleurer.?Car en considérant soit lui-même, soit les autres, il sait que nul ici-bas n’est sans tribulations; et plus il se regarde attentivement, plus profonde est sa douleur.?Le sujet d’une juste affliction et d’une grande tristesse intérieure, ce sont nos péchés et nos vices, dans lesquels nous sommes tellement ensevelis, que rarement pouvons-nous contempler les choses du ciel.

Réfléchir aux peines de l’enfer et du purgatoire

Si vous pensez plus souvent à votre mort qu’à la longueur de la vie, nul doute que vous n’auriez plus d’ardeur pour vous corriger.?Et si vous réfléchissiez sérieusement aux peines de l’enfer et au purgatoire, je crois que vous supporteriez volontiers le travail et la douleur, et que vous ne redouteriez aucune austérité.?Mais parce que ces vérités ne pénètrent point jusqu’au coeur, et que nous aimons encore ce qui nous flatte, nous demeurons froids et négligents.

Le pain des larmes

Souvent c’est langueur de l’âme, et notre chair misérable se plaint si aisément.?Priez donc humblement le Seigneur qu’il vous donne l’esprit de componction, et dites avec le prophète: Nourrissez-moi, Seigneur, du pain des larmes; abreuvez-moi du calice des pleurs.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseLiturgie

Le Bon Pasteur, modèle du Souverain Pontife

L’esprit de la liturgie | La Sainte Écriture et les rites liturgiques soulignent l'autorité particulière conférée au pape par son élection, qui fait de lui le détenteur des clefs, lui donnant le pouvoir de remettre les péchés et le rôle de Bon Pasteur, celui qui va à la recherche des brebis perdues.

+

bon berger bon pasteur
À la uneÉgliseÉglise de France

Pèlerinages régionaux (1/4) : Lorsque le « phénomène de Chartres » s’installe dans les régions de France

DOSSIER « Des pèlerinages régionaux aux racines chrétiennes de la France » | Les deux dernières années ont connu une véritable explosion des pèlerinages locaux qui entretiennent un lien avec Notre-Dame de Chrétienté. Ils tirent leur inspiration du grand pèlerinage de Pentecôte, mais également d’initiatives locales déjà mises en place depuis quelques années.

+

Feiz e Breizh pèlerinages traditionnel région
À la uneÉgliseLiturgieMagistère

Cardinal Sarah : Combattre les tenants de la liturgie traditionnelle « est purement idéologique »

Entretien | Le 27 août dernier, le cardinal Robert Sarah, préfet émérite de la Congrégation pour le Culte divin, a accordé un entretien à Nico Spuntoni du grand quotidien italien Il Giornale. À la demande du cardinal, nous publions une version française de cet entretien qui propose des observations nourries de sa foi et de son regard sur l’Église, en vue d'alimenter la réflexion, notamment sur l’avenir de la liturgie dans l’Église latine.

+

Sarah liturgie tradition
À la uneÉgliseSpiritualité

Fulton Sheen, apôtre de l’Amérique, enfin béatifié

Pour la première fois, un évêque né aux États-Unis, Mgr Fulton Sheen, est béatifié. Et sous le pontificat du premier successeur de saint Pierre venu lui aussi des États-Unis ! Deux fils de l'Illinois. La cérémonie aura lieu ce 24 septembre à Saint-Louis, dans le Missouri. De quoi réjouir les catholiques américains en ce 250e anniversaire de leur nation.

+

Fulton sheen