Notre quinzaine : Ils sont la jeunesse du monde !

Publié le 26 Mai 2020
Notre quinzaine : Ils sont la jeunesse du monde ! L'Homme Nouveau

Le 11 mai dernier, la France est donc entrée dans sa première phase de « déconfinement ». Alors que le président Macron a affirmé à plusieurs reprises que notre pays était en guerre, la question s’impose presque d’elle-même : le « déconfinement » signifie-t-il la fin des hostilités ou, seulement, un armistice ? Peu à peu, comme après la défaite de 1940, l’activité économique du pays tente de repartir, dans un contexte global inquiétant. Les spécialistes annoncent déjà une récession qui devrait faire grimper le taux de chômage en France et amputer sérieusement le PIB. Si c’est la paix, elle est chèrement payée. Si, au contraire, c’est un armistice, nous savons qu’il faut s’en servir au mieux pour refaire nos forces, réarmer, déployer nos unités, revoir notre système d’alliances. Bref, préparer la Revanche ! À quoi bon un armistice, sinon ? Mais, puisque le président de la République a utilisé lui-même la thématique guerrière, continuons à filer la métaphore. En période de guerre, il faut éviter d’être confronté à un second front. Or celui-ci existe, justement !

Second front

Et ce second front, c’est le gouvernement qui l’a ouvert pendant le confinement quand il a décidé d’autoriser l’allongement du recours à l’avortement médicamenteux, puis celui de l’avortement chirurgical au-delà du délai légal. Puisque, décidément, il faut en revenir à la thématique de la guerre, comment qualifier cette participation à la mort de Français innocents autrement que d’acte de « collaboration » ? Mais, à vrai dire, il ne s’agit ici que d’une première manche. La seconde se joue dans une sorte de « règlement de comptes à OK Corral ». La crise liée au Covid-19 a, en effet, vu resurgir une nouvelle forme de guerre qui, revisitant la lutte des classes chère à Karl Marx, intégrant la lutte féministe (les femmes devant se libérer de la caste dirigeante masculine) et le combat écologique (la sauvegarde de la terre mère contre la domination humaine), oppose les jeunes aux vieux.

D’un côté, les baby boomers, nés entre 1946 et la première moitié des années soixante. De l’autre, ceux que l’on qualifie de « Génération Z », nés entre 1996 et 2005, ayant grandi dans ce que les Américains résument par les « quatre C » : communication, connexion, collaboration, créativité. Autant dire une génération qui n’imagine pas le monde sans Internet, téléphone et ordinateur portables, et qui est mobile par goût et par nécessité mais aussi en quête perpétuelle de sens à donner à sa vie. Pour beaucoup, leur « icône » (pour parler comme eux) s’appelle Greta Thunberg ; pour d’autres, moins nombreux, Marion Maréchal. Ces derniers ont au moins le mérite de vouloir tenir les derniers fils qui relient le monde d’hier à celui d’aujourd’hui. Ce n’est pas vraiment le cas pour les thuriféraires de Greta !

Leur guerre ? Plongés en permanence dans un horizon matérialiste, les jeunes veulent survivre et sont prêts à reprocher aux vieux le poids économique qu’ils représentent. L’allongement de la durée de vie conduit donc à ce paradoxe dramatique : pour sauver leur peau, les plus jeunes sont prêts à sacrifier celle de leurs parents, sachant qu’ils sont eux-mêmes des vivants en sursis. Leur tour est pour demain.

Génération sauvée !

S’il y a du vrai dans cette présentation, la « cinquième colonne » actuellement à l’œuvre accentue les traits d’une jeune génération qui se voit comme une génération perdue tout simplement parce qu’elle ne pourra pas profiter des mêmes avantages matériels que les précédentes.

Il faut pourtant voir au-delà. Ouvrir d’autres yeux ! Les Psichari ou Hélie de Saint Marc d’aujourd’hui refusent le désespoir comme une bêtise absolue. Voyez les volontaires de « SOS-Chrétiens d’Orient » [1] donnant une année de leur existence ou, moins médiatiques, les Routiers et Guides aînées des divers mouvements de scoutisme classique que l’on croise chaque année à la Toussaint à Vézelay, Paray-le-Monial, Cléry ou dans d’autres hauts lieux spirituels de notre pays. Ou les Goums dans les Causses à partir de Pâques. Sans oublier ces jeunes qui, au sein de séminaires classiques ou au fond des monastères, offrent généreusement leur vie à Dieu.

Jeunesse de son temps mais ardente, tranquillement catholique, prête à trouver les solutions pour renouer les fils entre générations plutôt que d’opter pour le champ putride de la mort. On pourra rétorquer qu’il lui manque la formation, l’expérience, la continuité dans l’engage­ment. Peut-être ! Mais il est faux de croire qu’elle se voit comme une génération perdue. Au contraire, elle est une génération sauvée. Par le sacrifice du Christ !

 


[1] Voir Quand des jeunes partent au secours des chrétiens d’Orient, hors-série n° 36-37, 132 p., 14 €.

 

Ce contenu pourrait vous intéresser

Éditorial

Notre quinzaine : Mourir peut attendre…

Éditorial de Philippe Maxence du n° 1848 | En réaffirmant l’interdit de tuer, le Sénat a montré l’absence de consensus face à ces sujets. L’opinion est la clef de voûte du système et l’enjeu à conquérir. Elle est à capter parce qu’elle est comprise comme étant en elle-même l’organe d’expression du bien et du mal, du vrai et du faux.

+

mourir opinion
Éditorial

Notre quinzaine | Face au règne de l’opinion permanente : le choix du vrai

Éditorial de Philippe Maxence (n° 1847) | Il revient au journaliste de rapporter les faits du moment, et aujourd’hui, quasi de manière instantanée. Mais, parfois, non content de décrire et d’apporter les premiers éléments sur une situation, il en vient à commenter et, le plus souvent, à supputer. Dans un univers de bruit permanent, faut-il ajouter du bruit au bruit ou, pire, entretenir le règne de l’opinion permanente qui égalise toute idée au prétexte de son existence et la déconnecte de la recherche de la vérité ?

+

Face au règne de l’opinion permanente : le choix du vrai
Éditorial

Notre quinzaine : des racines pour l’éternité

Éditorial de Philippe Maxence (n° 1846) | Au mois de décembre, La Croix a mené une enquête sur les catholiques français. L’une des leçons non dites de cette enquête est justement l’installation du relativisme. A contrario, à la porte de l’Église, des âmes frappent pourtant, demandant résolument la grâce du baptême.

+

racine futur tradition église
Éditorial

Noël : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire

Éditorial de Maitena Urbistondoy | Les crèches de Noël sont déjà bien installées dans nos églises et nos maisons et suscitent une impression de paix, de chaleur familiale et de continuité. La Nativité rappelle que Dieu agit dans l’Histoire par des cœurs disponibles et des volontés droites. Il ne supprime ni la responsabilité ni l’effort. Il les éclaire et les ordonne. 

+

noël
Éditorial

La grâce de l’identité chrétienne

Éditorial du Père Danziec | La terre qui nous a vu naître et grandir nous concerne dans la mesure où elle représente un cadre, une atmosphère, un climat même, qui ne font pas seulement que nous entourer, mais qui, bien plus encore, nous façonnent et nous élèvent, font notre identité.

+

identité chrétienne