Le journaliste Jean-Baptiste Giraud, auteur de Dernière Crise avant l’apocalypse (2021), prévoyait déjà dans cet ouvrage de fiction un effondrement généralisé de l’Occident. Il revient sur la situation catastrophique de notre pays, mais cette fois le scénario est réaliste. Reste un espoir, un rebond démographique… Entretien.
| Quels sont les défis prioritaires pour la France en 2025 sur les plans économique, social et institutionnel ?
Le défi principal est d’ouvrir les yeux et regarder le compte en banque et le tableau de bord de l’entreprise France, où de nombreux voyants sont au rouge. Je listerais trois enjeux majeurs. Le premier est que la moitié de notre déficit est provoquée par le système de répartition français. Et la plus grosse dépense non financée est notre système de retraite : pour 385 milliards d’euros de pensions de retraite versées l’an dernier, au moins 50 milliards d’euros sont comblés par des subventions exceptionnelles. Il faut admettre que nous n’avons plus assez d’actifs pour payer les retraites : alors que le système a été construit sur la base de quatre cotisants pour un retraité, nous sommes aujourd’hui à 1,6 cotisant par retraité ! Le deuxième défi de 2025 est de remettre à plat le système redistributif. Les primes, subventions et aides sont attribuées indépendamment des cotisations, et de la nationalité des bénéficiaires. Autre exemple de gabegie, la prime d’activité est une absurdité économique : elle complète les bas salaires. Mais si les charges des entreprises étaient moins lourdes, elles auraient les moyens de payer mieux leurs salariés. Nous avons les charges les plus élevées du monde. Enfin, je crois que la dernière mais principale priorité est de relancer notre politique familiale. Le volume de naissances enregistrées en France en 2024 est catastrophique. Cet effondrement de la natalité nous condamne à disparaître de la carte d’ici à la fin du siècle, sans sursaut. Il faut redonner les moyens aux familles d’avoir les 2,2 enfants souhaités, contre moins d’1,6 aujourd’hui.
| Par où commencer pour répondre à ces urgences ?
Des mesures chocs, impopulaires. Il faudrait théoriquement réduire les pensions de retraite d’au moins 10 %, voire 15 %. Cela n’arrivera pas. Seules les retraites les plus généreuses seront rabotées pour économiser quelques centaines de millions d’euros par an. Il faudrait en finir avec les 35 heures et passer directement aux 42 heures, y compris dans…