Quand l’école accueille des enfants handicapés : le projet de Saint-Dominique du Pecq

Publié le 18 Fév 2014
Au quotidien n° 247 : état de droit et refondation politique L'Homme Nouveau

À l’heure où le gouvernement s’emploie à détruire le lien fondamental entre les parents et l’école en faisant des enfants des objets d’expérimentation de l’idéologie du Genre, le groupe scolaire Saint-Dominique du Pecq (78) s’apprête à ouvrir une classe pour les garçons de 12 à 16 ans atteints d’une maladie de l’intelligence ou de troubles cognitifs. Un projet à découvrir et à soutenir. Entretien avec la responsable du projet, Alexandrine d’Anselme.

Le groupe scolaire Saint-Dominique ouvre une classe en septembre prochain. Qu’a-t-elle de particulier ?

Alexandrine d’Anselme : La construction, pour septembre 2014, d’un nouveau bâtiment dédié au collège et au lycée de garçons permet au groupe scolaire d’ouvrir la classe Bienheureux François de Fatima : celle-ci est destinée à des garçons de 12 à 16 ans atteints de troubles cognitifs ou d’une maladie de l’intelligence comme la trisomie 21.

Pourquoi une telle classe dans une école réputée pour ses exigences académiques ?

Certes, l’école tient aux exigences académiques, mais son premier objectif, comme le précise la charte, est d’offrir aux enfants un enseignement enraciné dans la foi catholique. C’est d’abord ce cadre que nous voulons offrir à des garçons dont les parents ont parfois bien du mal à trouver une structure qui corresponde à leurs attentes dans les domaines éducatifs et spirituels.

Comment seront encadrés les enfants au sein de la classe ?

Cette classe est placée comme les autres sous l’autorité du directeur du collège de garçons. Les élèves seront encadrés par un professeur dédié qui, présent à plein temps, assurera les enseignements fondamentaux et coordonnera les différents intervenants. Le professeur sera aidé par des adultes bénévoles, en particulier pour les ateliers. Enfin, une équipe de professionnels de la rééducation assurera sur place, si les parents le souhaitent, le suivi individuel des élèves.

Quelle est la spécificité de l’enseignement qu’ils recevront ?

Nous n’exigeons pas de niveau scolaire précis à l’in­scription, mais nous demandons que par son comportement le garçon soit capable de respecter les principales règles de vie de l’établissement et de la classe. La spécificité de l’enseignement se résume ainsi : souplesse et pédagogie individualisée. L’objectif est que chacun d’eux progresse au maximum dans les apprentissages fondamentaux et les matières qui peuvent lui être proposées, ainsi que dans le développement de l’autonomie et de la personnalité (jardina­ge, cuisine, musique, expression théâtrale,…).

Ces élèves seront-ils intégrés à l’ensemble des autres élèves ?

La classe est située au cœur du collège de garçons. Ses élèves assisteront à la messe avec les autres, partageront les récréations, iront à la cantine sous le parrainage de lycéens. Enfin, ils seront inclus dans certains cours des classes ordinaires lorsque cela leur sera profitable.

Avez-vous des soutiens expérimentés pour la formation des intervenants et le suivi pédagogique ?

C’est une nouvelle aventure pédagogique et humaine pour l’école. La Fondation Jérôme Lejeune nous apporte un précieux soutien, notamment grâce au Service Éducation et Formation, qui suit le projet depuis le début de son élaboration et continuera à assurer un suivi pédagogique. Nous profitons aussi de l’expérience et des conseils d’autres structures existantes, dans des écoles sous ou hors contrat.

Pourquoi le patronage du bienheureux François de Fatima ?

Celui que l’on appelle l’humble petit voyant, ce garçon calme et joyeux, qui aimait tant les animaux et sa flûte, sera un grand saint patron pour nos garçons : sa capacité d’émerveillement, sa dévotion mariale, son désir d’offrande et de sacrifice pour consoler le Cœur de Notre-Seigneur tracent un chemin de sainteté sans action d’éclat, mais marqué par une fidélité quotidienne à l’amour de Dieu.

Comment les familles intéressées doivent-elles faire pour inscrire leur enfant dans cette classe ?

Les familles peuvent envoyer un courriel à l’adresse bhx.francoisdefatima@ecole-saintdominique.org pour demander la feuille d’inscription. Après étude du dossier de leur fils, un rendez-vous leur sera proposé.

Peut-on envisager l’ouverture d’autres classes de ce type, et notamment pour les jeunes filles ?

J’aimerais pouvoir vous répondre oui sans hésiter. Nous avons pu profiter de la création de ce troisième bâtiment pour lancer le projet, mais les mètres carrés sont comptés dans les autres bâtiments ! De plus, si cette classe répond à un projet d’école, elle entraîne aussi un coût supplémentaire. Les dons suffiront-ils à assumer cette nouvelle charge ?

Qu’attendez-vous de la création d’une telle classe ?

Cette classe apportera une grande richesse à l’école : les collégiens et les lycéens vont développer l’attention aux autres et la délicatesse dans la charité, ils vont découvrir des garçons différents mais vont se rendre compte très vite de tout ce qu’ils peuvent recevoir d’eux ! L’ensemble des professeurs est concerné et heureux de l’ouverture de cette classe, certains que l’unité et l’esprit de famille n’en seront que plus grands.

Groupe Scolaire Saint-Dominique, 18-20 avenue Charles De Gaulle, 78230 Le Pecq-sur-Seine. Tél. : 01 39 58 88 40 – Fax : 01 39 17 00 99 – secretariats@ecole-saintdominique.org – www.ecole-st-dominique.fr – bhx.francoisdefatima@ecole-saintdominique.org

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
À la uneSociété

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
À la uneSociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie
SociétéAgriculteurs

Colère paysanne et hiver agricole

Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression para-militaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.

+

crise agricole paysan