Le pape Benoît XVI aura marqué le début du XXIe siècle par son œuvre théologique et spirituelle, centrée sur la conviction que foi et raison ne peuvent s’opposer mais doivent au contraire s’unir pour répondre aux impasses de la sécularisation. Il aura ainsi tenté de réconcilier culture et religion, en cherchant à redonner à la foi ses fondements rationnels. Il y a cependant une autre réconciliation qui demeurera pendant longtemps un honneur et une distinction de son pontificat : la réhabilitation (au moins partielle et, quoiqu’il en soit, prudente) de l’œuvre de Mgr Lefebvre. Il avait en effet écrit à plusieurs reprises qu’il ressentait comme l’un de ses grands échecs personnels, lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, de ne pas être parvenu à éviter les sacres sans mandat pontifical de 1988. Et qu’il s’était fixé comme but, une fois élu au souverain pontificat, de trouver une solution pour répondre aux attentes légitimes de ceux, fidèles et prêtres, qui avaient suivi le mouvement traditionaliste. C’est évidemment en ce sens qu’en 2007 il a rappelé que la célébration de la messe traditionnelle n’avait jamais été interdite, et que tout prêtre catholique pouvait donc user du missel tridentin, comme tout fidèle pouvait réclamer légitimement de pouvoir y assister ; le 21 janvier 2009, il a ensuite levé les excommunications des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre, marquant par là clairement, quoi qu’il lui en ait coûté, son désir de réconciliation. Mais le premier geste qu’il avait posé en ce sens, dès le 8 septembre 2006, un peu plus d’un an après son accession au trône pontifical, fut l’érection canonique de l’Institut du Bon Pasteur comme Institut de droit pontifical. À la fois inattendu et ambitieux, c’est évidemment cet événement que je souhaite retenir – à titre personnel, bien sûr – comme la décision la plus marquante du pontificat de Benoît XVI : nous lui serons éternellement reconnaissants pour ce geste plein de bienveillance et de paternité. Il voulait ainsi faire confiance à ceux qui voulaient faire confiance à l’Église, il voulait montrer que l’on pouvait être attaché de façon indéfectible à la liturgie et à la doctrine traditionnelles tout en étant de plein droit, et de plain-pied, catholique ! Benoît XVI restera ainsi, d’une certaine façon, le fondateur de notre Institut, qui compte aujourd’hui, 16 ans plus tard, plus de cinquante prêtres et quarante séminaristes… Mais j’ose…
La pause liturgique | Offertoire Deus tu convértens (2e dimanche de l’Avent)
Le psaume 84 qui fournit le texte de notre offertoire est daté du retour de l’exil. Le Peuple de Dieu vient de rentrer à Jérusalem mais sa situation est encore très précaire, et il implore le secours du Seigneur. Le compositeur a retenu deux versets de ce psaume qui s’appliquent particulièrement à la période liturgique de l’Avent. Cet offertoire apparaît musicalement comme une grande et longue supplique. C’est visible sur la partition : on voit très clairement l’omniprésence de la dominante Do, à l’aigu de ce 3e mode qui ne monte guère plus haut, à quelques reprises et seulement en passant sur le Ré.








