Un dictionnaire d’histoire de l’Église

Publié le 08 Déc 2022

Le Dictionnaire historique de la papauté dirigé par Philippe Levillain et le Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège dirigé par Christophe Dickès restent des ouvrages de référence. Le Dictionnaire d’histoire de l’Église qui vient de paraître, même s’il les recoupe en certaines notices, a une ambition plus vaste puisqu’il concerne non seulement la papauté et le Saint-Siège mais l’ensemble de l’Église. L’ouvrage est publié sous la direction du père Bernard Ardura, président du Comité pontifical des Sciences historiques. Il a su rassembler quelque 80 collaborateurs de différents pays, mais en très large majorité italiens.

En 870 pages, sur deux colonnes, plus de six cents notices présentent ce qui fait la réalité de l’Église à travers les siècles : ses multiples institutions, ses organismes, ses différents personnels, ses liturgies. Des notices sont consacrées aussi à des notions canoniques (Incompatibilité des fonctions, Interdit, Juridiction, Peine médicinale, etc.) ou théologiques (Immaculée Conception, Indifférentisme, etc.).

Le maître d’œuvre de ce volume a fait le choix d’écarter les personnages qui ont fait l’histoire de l’Église. On ne trouvera donc aucune notice biographique de saint, de pape ou de fondateur d’ordre. Mais ils apparaissent bien sûr dans telle ou telle notice, par exemple dans la notice consacrée au concordat qui définit la nature de ce genre d’accord et la succession des concordats depuis celui de Worms en 1122. Des notices sont consacrées également à des courants spirituels, théologiques ou philosophiques : Hussites, Gallicanisme, Jansénisme, etc. Dans la recension qu’il a faite du volume, Stéphen Vallet (L’Homme Nouveau n°1770 du 5 novembre 2022) a relevé, à juste titre, combien les notices consacrées à l’intégralisme/intégrisme et au libéralisme étaient insatisfaisantes. On pourrait en pointer quelques autres, de la même veine.

Malgré ces scories regrettables – qui concernent des sujets controversés – ce Dictionnaire rendra les plus grands services. La longue présentation qui est faite des nombreuses Églises catholiques orientales (p. 371-383) est très claire. On relèvera…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Yves Chiron

Ce contenu pourrait vous intéresser

ChroniquesPhilosophie

Arrogance et passion de la réforme : la matrice des Lumières

L’Essentiel de Joël Hautebert | Dans Arrogance et manie du changement, le professeur Xavier Martin montre à quel point tous les ingrédients anthropologiques et philosophiques des idéologies modernes sont déjà présents au temps des Lumières et lors de la Révolution. Une humanité sacralisée mais l'homme réel nié, un système déifié et tout remords rejeté : l'esprit de système et l'arrogance des Lumières et des hommes de la Révolution ont investi toute la vie publique en France.

+

lumières réforme
ChroniquesFin de vie

Manipuler les mots pour fabriquer l’opinion

C’est logique ! de François-Marie Portes | Dans le langage actuel, la notion de dignité se transforme en instrument rhétorique et la valeur émotionnelle du vocabulaire prend le dessus sur le sens propre du langage ou du mot utilisé. En faussant les questions, les sondages poussent à répondre dans un sens unique. Le débat sur les mots devrait préexister à celui sur les lois.

+

opinions mots
ChroniquesSpiritualité

Jacob et l’ange, un combat d’amour

Carte blanche de Judith Cabaud | La Genèse est le livre de tous les commencements, et de celui de l’homme racheté. L’histoire de Jacob, en particulier, nous introduit au cœur du mystère de la relation de l’être humain pécheur avec Dieu. Son combat avec l’ange, plus spirituel que matériel, apparaît comme l’image de notre vie.

+

Paul Gauguin 137 jacob
ChroniquesInternational

La guerre : quand le droit empêche de voir la justice

C’est logique ! de François-Marie Portes | Un texto, une phrase peuvent parfois déclencher des montagnes de commentaires. Celui de Donald Trump concernant la paix a fait couler beaucoup d'encre. Il a surtout rappelé que la paix ne repose que sur la volonté de quelques dirigeants, et la fragilité d'un « droit international » qui ne repose, lui, sur rien. La paix et la justice doivent bien être les seules fins poursuivies.

+

guerre paix justice