Y a-t-il un candidat catholique aux USA ?

Publié le 11 Oct 2016
Y a-t-il un candidat catholique aux USA ? L'Homme Nouveau

Pour qui voteront les catholiques américains le 8 novembre ? Si Hillary Clinton espère recueillir largement les voix des Hispaniques et des pro-immigration, Donald Trump, lui, courtise avec succès les pro-vie, pro-mariage, pro-liberté religieuse.

Jamais un scrutin clé n’avait autant divisé les 68 millions d’électeurs catholiques. Mais sans eux, Donald Trump a fort peu de chance d’entrer à la ­Maison-Blanche. Beaucoup suivent les dizaines d’évêques qui rejettent Trump en raison de son refus d’ouvrir grandes les portes de la nation aux immigrants illégaux. Autres arguments cités pour l’écarter : manque d’expérience politique, tempérament impulsif, vulgarité, racisme, sexisme… Le moins avouable est qu’aux États-Unis, une proportion non négligeable de catholiques « pratiquants » s’affichent à la messe chaque dimanche tout en défendant des positions nettement contraires à leur foi. Ceux-là approuvent des deux mains, par exemple, l’avortement illimité et la mise en pratique accélérée de la dévastatrice théorie du Genre. Parmi eux figurent deux Judas : le vice-­président Joe Biden et le secrétaire ­d’État John Kerry.

Le rôle nocif des divisions

Bref, le vote des catholiques est loin de former un bloc homogène. Hillary Clinton a su jouer adroitement de ces divisions en nommant le prétendument pieux Tim Kaine (« l’Église changera sur le mariage »…) pour l’accompagner comme potentiel vice-président. Trump a mis du temps à comprendre que si 50 % des catholiques ont voté pour Obama en 2012 (contre 48 % pour Mitt Romney), les autres, peut-être majoritaires cette année, refusent d’être complices de la mise à mort quotidienne de 3 000 enfants à naître et militent pour la survie de la famille.

Trump veut gagner. Alors, il a agi. À quelques semaines du 8 novembre, le candidat du parti républicain vient de s’entourer de trente-trois conseillers catholiques, tous admirables. Parmi eux, le Père Frank Pavone, directeur de « Prêtres pour la Vie », Tom Monaghan, fondateur d’Ave Maria University en Floride, Rick Santorum, ancien sénateur et candidat présidentiel, Sam Brownback, gouverneur du Kansas, et Fran­-

cis Rooney, ex-­ambassadeur auprès du Saint-Siège. Trump a aussi formé une coalition pro-vie dirigée par la catholique Marjorie Dannenfelser, qui a fait élire plus de cent candidats pro-vie au Congrès. Et au sommet de sa campagne, Trump vient de placer deux catholiques fia­bles : Steve Bannon, journaliste, et Kellyanne Conway, avoca­te de choc.

Intervention céleste ? Il se trouve que plusieurs dizaines de milliers de catholiques ont rejoint depuis la fête de l’Assomption une neuvaine de 54 jours de prière lancée par le cardinal américain Raymond Burke (« Ne gaspillez pas votre voix sur un troisième candidat »). ­Elle s’est achevée le 7 octobre, ­fête de Notre Dame du Rosaire. Depuis le début de cette salve de rosaires, le paysage politique a évolué de façon frappante. En juillet, un sondage indiquait que 57 % des catholiques penchaient en direction d’Hillary et seulement 38 % vers Trump. L’écart est aujourd’hui bien moindre. D’autant que les efforts d’Obama pour inviter toujours plus de réfugiés syriens (11 000 cette année, dont presque aucun chrétien) à entrer dans le pays pourraient se retourner contre Hillary qui, béate, a promis d’en accueillir 65 000 par an.

Contrer Hillary

Notre pays est au bord de l’abîme : c’est le refrain quasi unanime, ici, des chrétiens attachés à la loi divine. Comme Ted Cruz, le dernier rival (protestant) battu par Trump. Cruz a longtemps refusé de soutenir Trump. Mais le 23 septembre, comme tant d’autres d’abord hostiles, il s’y est résigné : « Donald Trump est le seul obstacle qui nous reste pour barrer la route à Hillary Clinton. » Avec elle, la nation américaine deviendrait méconnaissable, ­entend-on. Pourquoi ? La principale raison invoquée fait froid dans le dos : Hillary a juré d’imposer à la Cour Suprême (les neuf « sages » élus à vie qui ont légalisé l’avortement en 1973 et le « mariage » contre nature en 2015) ainsi que dans les cours de justice fédérales, des juges d’extrême gauche.

Comme l’explique avec brio, dans une vidéo de 80 secondes, l’organisation Catholic Vote, Hillary serait redoutable pour plusieurs autres raisons. Elle poursuivrait le ruineux plan d’assurance santé d’Obama ; elle bloquerait le choix scolaire des familles pauvres ; elle forcerait les croyants à ne plus « violer, au nom de leur religion, les droits des LGBT ». Trump est-il sincère ou non ? À première vue, il n’a d’autre religion que celle du succès personnel, transmise par Norman Vincent Peale, pasteur de l’église presbytérienne de son enfance à Manhattan. Ce gourou de la pensée positive n’a pas su lui montrer le chemin du vrai Dieu. Les 33 conseillers de Trump, dans leur zèle contre les manigances diaboliques de la candidate démocrate, y parviendront-ils ?

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rier, un ballon est signalé dans le ciel américain. Il est abattu par l’armée le 4 dans les eaux territoriales. Puis le 10 février, des avions de chasse F22 descendent un objet volant près des côtes de l’Alaska. Le 11, le Canada demande aux États-Unis d’intervenir pour faire feu sur un autre engin au-dessus du Yukon. Enfin, le 12, c’est à la verticale du Michigan (États-Unis) qu’un nouvel engin est abattu.

Le 8, Washington accusait la Chine de lancer « une flotte de ballons destinés à des opérations d’espionnage » à travers le monde. Étions-nous à la veille d’un nouveau conflit diplomatique ?

Très vite, Pékin s’avouait le propriétaire du premier ballon et déclarait que ce dernier transportait des équipements pour recueillir « principalement » des données météorologiques. On retiendra que « principalement » ne veut pas dire exclusivement. Même si les Chinois affirment que leur aérostat était sorti involontairement de sa trajectoire, les Américains s’inquiétaient d’autant plus qu’il était passé au-dessus du Montana où sont implantés leurs missiles nucléaires.

La suite nous en dira sans doute plus puisque l’aéronef a été récupéré pour analyse. Néanmoins, on sait déjà que sa charge était plus importante que celle d’un ballon météorologique normal. D’autre part, la nacelle était équipée d’un système de guidage qui rend peu crédible la thèse d’un écart involontaire de trajectoire.

La Chine n’en a pas moins répliqué avec fermeté : en exprimant « son fort mécontentement, elle proteste contre l’utilisation de la force par les États-Unis ».

Cependant, le mystère reste entier pour les trois autres engins volants non identifiés. Pékin n’en reconnaît pas la paternité et Joe Biden lui-même a déclaré : « Ces trois objets sont vraisemblablement liés à des entreprises privées, à des activités de loisirs ou à des institutions de recherche. » Peut-être, mais personne n’a élevé la voix pour se plaindre ou signaler la destruction de son ou de ses équipements. Ensuite, le président des États-Unis a donné un peu vite une explication logique et possible à ce mystère.

Mieux, il cherche à rassurer, disant qu’il n’y a pas une soudaine augmentation d’objets volants dans le ciel américain mais une meilleure capacité à les détecter avec les radars. Au point que l’on se demande s’il ne couvre pas autre chose. Dans son registre, le général Glen VanHerck, patron des forces aérospatiales américaines, en rajoutait. À une question sur un possible envoi d’OVNI par des extraterrestres, il répondait « n’avoir rien écarté à ce stade ». La Maison Blanche s’est vue obligée de démentir cette hypothèse.

La question se pose : l’armée américaine aurait-elle détruit le matériel d’expériences secrètes plutôt que de les révéler au public ? Ce ne serait pas la première fois, en raison du cloisonnement des informations sur de telles opérations. Un autre détail pourrait aller dans ce sens pour les trois autres aéronefs : alors que les restes du premier ont été retrouvés, l’armée américaine a déclaré ses recherches infructueuses pour les trois autres.

Reste à s’interroger sur la légitimité, en termes de droit, du survol d’un territoire par des ballons d’un pays tiers et, non moins important, de leur destruction par le pays survolé. Chaque État jouit de « la souveraineté complète et exclusive sur l’espace aérien au-dessus de son territoire », selon les règles de l’aviation civile. Les appareils civils sont libres de circuler, mais les appareils militaires peuvent être interceptés. Et s’il s’agit d’un appareil espion qui se donne une apparence civile ?

Néanmoins, et c’est un autre problème, selon Pékin, depuis l’année dernière, « des ballons américains ont survolé la Chine à au moins dix reprises ». Le hiatus est sans doute là : Washington n’accepte pas qu’on lui renvoie la politesse.

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