Jusqu’au 25 mai 2026, le Musée de l’homme consacre une exposition aux momies, révélant les rites, techniques, et croyances qui leur sont liées. Parmi celles conservées au muséum, neuf sont exposées au public et recontextualisées.
Les momies fascinent, intriguent, dérangent. C’est le sujet de la nouvelle exposition du musée de l’homme qui ouvre sur des affiches de films, des romans, des publicités, des bandes dessinées (Tintin et les sept boules de cristal), et même des sucreries provenant d’Amérique latine évoquant ces fameuses momies.
Plus sérieusement, un parcours en quatre parties retrace l’histoire de cette pratique, les rites et les techniques pour la préservation des corps, la présence de ces restes humains dans le musée qui fascinent les historiens au XIXᵉ siècle et s’achève avec des études scientifiques de notre temps révélant de nouvelles données historiques.
Une carte du monde montre la présence de momies sur tous les continents, les plus célèbres étant les égyptiennes tandis que les plus anciennes ont été réalisées par les Chinchorros, peuplade de chasseurs pêcheurs en Amérique du sud environ 5000 ans avant Jésus-Christ. Aujourd’hui encore, les Torajas d’Indonésie pratiquent un rituel où les morts momifiés sont veillés et honorés. Il y a dans tous ces rites un besoin d’éternité, la mort n’étant pas considérée comme une fin définitive.
Une évocation de momifications naturelles liées au climat ou à l’acidité des sols est suivie d’une présentation de celles qui ont été intentionnelles.
Neuf corps momifiés ont été choisis parmi les 70 que possède le musée de l’homme. La vie et le parcours post-mortem de ces personnes sont reconstitués dans la mesure du possible. Certains proviennent d’Egypte – « le nourrisson égyptien » –, d’autres d’Amérique latine – « la jeune femme des Andes » – mais aussi de France avec cet étonnant « jeune garçon des Martres-d’Artière » découvert en 1756 dans le Puy-de-Dôme, qui aurait vécu au IIIe siècle de notre ère.
Après avoir connu un succès inouï au XIXᵉ siècle peu respectueux de la dimension humaine de ces défunts – séances de « débandelettage » publiques jusque dans les foires et commerce de fausses momies pour satisfaire les demandes immodérées des collectionneurs –, les restes humains sont aujourd’hui regardés avec plus de respect. Ainsi, un commentaire de l’exposition nous apprend que « pour des raisons éthiques, la légitimité des musées de conserver et d’exposer les restes humains est remise en question ».
Du 19 novembre 2025 au 25 mai 2026.
Musée de l’homme
17 Pl. du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris.
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