Jean de Bernières (1/4) : Un chrétien du Grand Siècle

Publié le 20 Jan 2026
Jean de Bernières

Jean de Bernières (1602-1659). (CC BY-SA 4.0, Verob65000)

> Dossier n° 1847 : « Découvrir Jean de Bernières, laïc, mystique et maître d’oraison »
PEric Reviers copie BernièresDom Éric de Reviers vient de publier aux éditions Honoré Champion deux tomes de la correspondance et des maximes spirituelles de Jean de Bernières, un laïc normand, maître d’oraison et engagé dans l’aide aux pauvres. Il retrace ici les grandes lignes de cette existence hors du commun.

 

| Dans sa célèbre Histoire littéraire du sentiment religieux, Bremond écrit : « De tous les docteurs mystiques au XVII siècle, y compris Canfield, Lallemant, Surin, Guilloré, nul n’a eu plus de lecteurs que Jean de Bernières. » Et, pourtant, je suis obligé de vous demander : qui est exactement Jean de Bernières ?

Jean de Bernières de Louvigny (1602-1659) est né au début du XVII siècle dans une grande famille normande catholique. Jean est éduqué chez les jésuites de Caen avec le futur saint Jean Eudes, qui restera l’un de ses plus fidèles amis. Après une enfance plutôt heureuse et une jeunesse protégée par un climat familial équilibré et aisé, il hérite de son père la charge de « trésorier de France » qu’il exerce de 1631 à 1653 pour la ville de Caen, au service du Roi et de la Cour.

StJeanEudes Bernières

Saint Jean Eudes (1601-1680) fut un des plus fidèles amis de Jean de Bernières.

Malgré cette fonction, il se consacre à Dieu comme simple fidèle laïc, en entrant dans le tiers ordre franciscain, et mène une vie de prière toute tournée vers le service des plus pauvres. Par la suite, il s’engage dans la Compagnie du Saint-Sacrement de Caen que son ami Gaston de Renty (1611-1649) a fondée en 1644. Devenu le bras droit de Renty, Bernières lui succède en 1649. Entretemps, avec la permission de son directeur spirituel, le père Jean-Chrysostome de Saint-Lô, il construira avec sa fortune une maison de retraite spirituelle destinée à recevoir des âmes désireuses de progresser dans la vie d’oraison tout en partageant sa vie d’ermite dans un climat de grande liberté, de silence et de prière. Il aimait appeler, non sans humour, cet Ermitage l’« hôpital des Incurables ». Jean de Bernières se plaignit toute sa vie d’un tempérament colérique dont il se disait incurable ! Ce défaut le rendait d’ailleurs infiniment compatissant pour les autres et modeste. Pourtant,…

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Philippe Maxence

Philippe Maxence

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