La pause liturgique | Agnus 14, Jesu Redemptor (Fêtes des saints)

Publié le 07 Mar 2026
grégorien croix introït offertoire agnus dei communion alléluia graduel

Messe Jesu Redemptor : 

 

Agnus 14 Partition agnus

Commentaire musical

 

Cet Agnus Dei est daté du XIII siècle et il est représenté par de nombreuses sources manuscrites, en provenance majoritairement d’Italie, mais aussi d’Allemagne, d’Angleterre, de France, d’Espagne et des pays de l’Est. Il emprunte sa mélodie au 8ᵉ mode, se déployant aussi bien dans la quinte Sol-Ré à l’aigu ainsi que dans la quarte inférieure Sol-Ré au grave. La  premières et la troisième invocations sont identiques au plan mélodique, et le miserére nobis de la seconde invocation est également identique à celui de la première invocation et au dona nobis pacem de la troisième.

L’intonation commence par se fixer solidement sur le Sol, avec un accent ferme au posé sur l’attaque de Agnus, une montée au La et un retour au Sol sur la syllabe finale de Agnus. Puis, sur Dei, la mélodie plonge vers le grave en faisant entendre toutes les cordes de la quarte inférieure Sol-Fa-Mi-Ré, avant de remonter vers le Sol pour la première cadence de la pièce. C’est de cette même corde Sol que la mélodie monte ensuite, d’abord sur une formule analogue à celle de l’intonation, sur qui tollis, entre le Sol et le La, puis en allant toucher à deux reprises le Do aigu sur le mot peccáta qui est ainsi mis en valeur.

La finale de ce mot peccáta fait retour au Sol et mundi s’appuie sur la sous-tonique Fa avant de se poser sur le Sol qui est donc extrêmement présent tout au long de cette pièce, d’autant que la formule miserére nobis s’enroule elle aussi autour du Sol. Tout cela donne de la force à cet Agnus qui est assez ramassé mélodiquement, l’essentiel se situant entre le Fa et le La.

La troisième invocation reprend la première, et la seconde ne s’éloigne pas vraiment de ce modèle puisque non seulement le miserére nobis est identique mais encore les deux groupes de mots, Agnus Dei et qui tollis peccáta, ne sont guère que des broderies des formules de la première invocation. L’Agnus Dei part du La et vient se poser sur le Fa d’où l’élan de qui tollis, d’abord identique à celui de la première invocation, se maintient sur le Do et va même cueillir le Ré aigu, au sommet de toute la pièce.

Tollis peccáta réalise une belle courbe La-Do-Do-Ré-Do-Si-La, et mundi est bien ferme avec son double Do sur l’accent et sa cadence doublement pointée sur la syllabe finale qui nous fait revenir sur le Sol. Avec miserére nobis, on est revenu à l’identique de la première invocation, en sorte que l’original de la seconde invocation est très bref et en partie similaire au modèle.

Ce chant est donc bien structuré et développé sur la modalité de Sol. Le bel élan de qui tollis peccáta, et l’humilité des formules de Agnus Dei et de miserére nobis s’harmonisent pour donner à cette pièce une sobre beauté.

 

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Un moine de Triors

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