Un rapport statistique publié récemment par le Centre Benoît XVI d’Études religieuses analyse le phénomène grandissant de conversion des clercs anglicans au catholicisme.
Le 30 novembre dernier, premier jour de l’année liturgique, John Ford, personnalité de premier plan de la communion anglicane, ancien « évêque » anglican de Plymouth puis de Murray en Australie, annonçait sa conversion au catholicisme et son intégration au sein de l’Église catholique romaine. Ce ralliement spectaculaire ne saurait être considéré comme un fait anecdotique, puisque, depuis les années 1990, plus d’une quinzaine de prélats de la Communion anglicane ont rejoint Rome, attestant l’existence d’une dynamique profonde et durable.
Home to Rome
Un rapport statistique publié tout récemment par le Centre Benoît XVI d’Études religieuses (Benedict XVI Centre for Religion and Society), rattaché à la Saint Mary’s University de Twickenham, une université catholique londonienne, offre une analyse de ce phénomène de conversion des clercs anglicans au catholicisme. Il révèle notamment que, depuis 1992, environ 700 clercs et religieux anglicans ont été accueillis dans l’Église catholique. Les rapporteurs estiment en outre à 491 le nombre d’ordinations de clercs anglicans au sacerdoce catholique depuis cette même date. Cette vague massive de départs de l’Église anglicane, dont l’ampleur étonne jusqu’aux observateurs les plus avertis, n’est pas sans conséquence sur le clergé catholique puisque, sur la période allant de 1992 à 2024, les chiffres révèlent que près d’un tiers des nouveaux prêtres catholiques étaient en fait d’anciens membres du clergé anglican. Le rapport identifie deux facteurs principaux ayant contribué à l’essor de ce phénomène de Home to Rome (« retour à Rome »). Le premier, directement imputable à l’Église anglicane, fut la décision du Synode général de l’« Église » d’Angleterre de 1992 de permettre l’ordination des femmes, qui provoqua une vague immédiate de départs (environ 300 dans les cinq années suivant cette innovation).
Constitution apostolique Anglicanorum Coetibus
Le second facteur, interne cette fois à l’Église catholique, remonte aux années 2010, lorsque le pape Benoît XVI, au terme de sa visite au Royaume-Uni, publia la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus. Ce faisant, il ouvrait la voie à la création d’ordinariats personnels pour les anglicans entrant en pleine communion avec l’Église catholique, destinés à accueillir et intégrer ces derniers tout en permettant « que soient maintenues au sein de l’Église catholique les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la Communion anglicane, […] comme un trésor à partager ». Cette enquête récemment publiée témoigne donc du remarquable…







