Le 28 mars dernier, le pape Léon XIV a rencontré le peuple monégasque, ses princes, ses catéchumènes et tous ses fidèles. L’homélie de la messe, célébrée au stade Louis II, portait sur la condamnation à mort de Jésus, qui rappelle l’injustice subie dans le monde par les plus petits et les peuples en guerre.
La veille des Rameaux, le Pape s’est rendu à Monaco, véritable phare sur la France et l’Europe. Là où le catholicisme est religion d’État et où son prince venait d’interdire l’avortement, le Pape a lancé un appel en faveur de la doctrine sociale de l’Église et la défense de la vie. Monaco, terre de sainte Dévote, cette jeune martyre corse dont le corps venu dans une barque a été miraculeusement déposé sur le rocher, est en effet un rocher singulier. Lors de la réception du prince Rainier III et de la princesse Grâce, peu après leur mariage, Pie XI en parlait ainsi :
« Au point où les Alpes s’abaissent vers la Méditerranée et semblent perdre leur âpreté pour esquisser un geste de bienveillance et de douceur, s’étend sur un coin de terre privilégié, le territoire de votre Principauté : des collines au profil gracieux, un promontoire qui enserre une rade accueillante, dont les eaux calmes, animées par la course légère des voiliers, reflètent l’azur du ciel et l’image d’un séjour paisible.
Nous savons qu’en ce lieu enchanteur le peuple monégasque ne forme avec ses Princes qu’une seule grande famille, partage spontanément leurs préoccupations et leurs joies et goûte, à l’abri des secousses qui agitent de plus grands pays, la tranquillité propice à l’épanouissement des qualités humaines les plus attirantes.
L’Église qui révère et loue les œuvres de Dieu et les dons qu’il accorde aux siens, a toujours offert sa collaboration à ce peuple favorisé des attentions de la Providence, et pour lequel Nous exprimons le vœu fervent qu’il brille toujours par la pureté de la foi, l’intégrité des mœurs et la pratique constante des principes de justice et de charité, qui sont la meilleure assurance de stabilité et de prospérité pour les nations. »
Soixante-dix ans après, Léon XIV reprend l’enseignement de Pie XI, mais dans un contexte beaucoup plus dégradé, notre monde apostat ayant succombé largement à la métatentation des origines : « vous serez comme des dieux ». On se contentera de dire aussi les grandes lignes de l’homélie de la messe.
Le texte évangélique du jour rapportait la décision cruelle du Sanhédrin à l’égard de Jésus. Jésus avait ressuscité Lazare d’entre les morts. Il était venu dans le monde pour nous libérer de la condamnation de la mort et c’est lui qui est condamné à mort. Ce verdict est fondé sur la peur. Au lieu de reconnaître en Jésus le Messie, les chefs religieux voient en lui une menace. Leur regard est faussé, au point que ce sont précisément les docteurs de la Loi qui la transgressent.
On assiste à deux mouvements opposés : la révélation de Dieu et l’action occulte d’autorités puissantes, prêtes à tuer sans scrupule. Ce verdict est très actuel. La joie de la foi et la force de notre témoignage découlent de la Rédemption. L’histoire de Jésus résume le destin de chacun de nous. Combien de calculs sont faits dans le monde pour tuer des innocents. Mais face au mal, la justice divine se dresse et nous délivre de nos tombeaux en nous donnant une vie nouvelle. Le Seigneur libère de la souffrance en suscitant l’espérance. La miséricorde sauvera le monde, car elle repousse la culture du rejet.
La libération prend avant tout la forme d’une purification des idoles si nombreuses aujourd’hui. Les idolâtres sont des personnes à la vue courte, car ils regardent ce qui captive leurs yeux en les aveuglant. L’affranchissement des idoles libère du pouvoir dominateur. Dieu, Lui, nous libère par l’humilité de Jésus. Face aux nombreuses injustices, l’Église, à la suite de Jérémie, annonce la purification de l’idolâtrie par le don de la grâce qui nous fait enfants de Dieu. Nous sommes tous appelés à témoigner de notre foi en manifestant la joie authentique, dont la source est l’amour de Dieu.
Alors que le mal fait rage et que l’idolâtrie rend les cœurs indifférents, le Seigneur prépare sa Pâque. Demandons à Marie d’y être prêt.
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