À Jérusalem, une semaine sainte à huis clos

Publié le 13 Avr 2026
Jérusalem semaine sainte

(Jorge Láscar, CC BY 2.0)

L’annonce de l’interdiction, pour l’Église de Jérusalem, de célébrer la Semaine sainte dans la basilique du Saint-Sépulcre a fait réagir de nombreuses personnalités religieuses et politiques du monde entier.

  En raison de la guerre menée contre l’Iran, les autorités israéliennes ont décidé de limiter les rassemblements publics, y compris religieux, à cinquante personnes maximum. Jérusalem est fermée aux non-résidents, et les commerçants ont interdiction d’ouvrir. Cette réglementation avait donc conduit le patriarcat latin de Jérusalem à annuler la traditionnelle procession des Rameaux.

La polémique

Néanmoins, la police israélienne a poussé le zèle jusqu’à empêcher le patriarche, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, et le custode de Terre Sainte d’accéder à la basilique du Saint-Sépulcre pour y célébrer la messe des Rameaux, provoquant ainsi un incident international. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a notamment dénoncé « une offense (…) pour les croyants » et a convoqué l’ambassadeur d’Israël en Italie. Emmanuel Macron, quant à lui, a clairement pris position, affirmant : « J’apporte mon plein soutien au patriarche latin de Jérusalem et aux chrétiens de Terre sainte, empêchés de célébrer la messe des Rameaux au Saint-Sépulcre. Je condamne cette décision de la police israélienne, qui s’ajoute à la multiplication préoccupante des violations du statut des Lieux saints de Jérusalem. Le libre exercice du culte à Jérusalem doit être garanti pour toutes les religions. » Il faut en effet rappeler que ce nouvel accrochage fait écho à l’irruption illégale de l’armée israélienne, le 7 novembre 2025, dans l’Éléona, l’un des quatre domaines français de Terre sainte, qui avait déjà provoqué un incident diplomatique. Le Vatican, plus policé, s’est contenté d’exprimer ses « regrets » par la bouche du cardinal Parolin.

La Semaine sainte

Face à l’ampleur du scandale, Benyamin Netanyahou a finalement octroyé au cardinal Pizzaballa « un accès total et immédiat à la basilique du Saint-Sépulcre ». Les autres offices de la Semaine sainte se sont déroulés à huis clos, sans assistance de fidèles. La messe chrismale du jeudi saint, qui se déroule habituellement dans la basilique du Saint-Sépulcre, a été reportée à une date ultérieure, tandis que le chemin de croix du vendredi saint a également été supprimé. Un groupe de sept franciscains placés sous escorte policière a toutefois pu symboliquement parcourir la fameuse Via dolorosa, tandis que plusieurs prêtres s’en sont vus refuser l’accès ce même jour. La custodie de Terre Sainte a tenu à réaffirmer sa présence…

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Pierre-Yves Gévresin

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