Notre quinzaine : Salus animarum suprema lex

Publié le 26 Août 2026
Léon XIV salut des âmes pape Salus animarum

Léon XIV au Stade olympique de Barcelone, lors de son voyage en Espagne du 6 au 12 juin 2026.

> L’éditorial de Philippe Maxence (n° 1860)

 

C’est l’événement de cette rentrée et comment ne pas y être attentif ? Du 25 au 28 septembre prochains, dans à peine un mois, le successeur de Pierre visitera la France. Au grand étonnement de certains, ce voyage s’annonce déjà comme une réussite. Les inscriptions pour participer aux principales manifestations avec Léon XIV ont, en effet, rencontré un vif succès. Ainsi, la veillée des jeunes au Stade de France affiche déjà complet (80 000 places) et, en quelques heures, plus de 200 000 personnes se sont également inscrites pour participer à la messe qui sera célébrée place de la Concorde.

L’ordre de mission donné à Pierre

S’il faut bien sûr se réjouir de la visite du Souverain Pontife en France, nous devons aussi garder à l’esprit les vrais critères de sa réussite. Ils ne se trouvent évidemment pas d’abord dans le nombre de participants, ni dans les rencontres avec les autorités publiques ou les visites prévues.

Ce voyage sera vraiment un succès si le Pape nous confirme dans la foi. Ce souhait ne découle pas d’un caprice de laïc ou des revendications d’un parti dans l’Église qui serait plus « ultramontain », papiste ou traditionnel que les autres. Ce souhait découle de l’ordre de mission donné par Jésus-Christ à Pierre après l’avoir distingué parmi les Douze : « J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. »

De la même façon, ce rôle premier, spécifique et universel de Pierre et de ses successeurs n’est pas d’abord ordonné à des considérations terrestres et mondaines, mais à la vie éternelle : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel. » 

Il ne s’agit évidemment pas d’enfermer le Pape dans des discours uniquement spirituels ou strictement ecclésiaux. Mais il convient de rappeler aussi que lorsque le Souverain Pontife aborde des sujets temporels, la perspective doit être celle de la règle suprême qui régit l’Église : le salut des âmes.

Peut-être que rien ne permet de mieux le saisir que le « principe et fondement » de saint Ignace de Loyola au début de ses Exercices spirituels. Après avoir rappelé que la fin de l’homme est de louer le Seigneur et ainsi d’assurer son salut, ce dernier souligne fortement que l’homme doit user des autres réalités terrestres autant qu’elles lui permettent d’atteindre cette fin et de s’en dégager autant qu’elles l’en empêchent.

Donnez-nous la clarté

Des paroles claires, sans faux-semblants, ordonnées et habitées de la véritable miséricorde. Ce langage nous l’attendons de Léon XIV, d’autant plus que notre pays se trouve dans un état de déchristianisation fortement avancé. Nous pouvons d’ailleurs prier à cette intention, nous souvenant que Dieu, lui, peut tout.

Une preuve indirecte se trouve d’ailleurs dans la lettre ouverte qu’un évêque néerlandais vient d’adresser à Léon XIV à propos du Synode sur la synodalité. Tout le texte de Mgr Robert Mutsaerts, évêque auxiliaire de Bois-le-Duc (Pays-Bas), mériterait d’être cité. À défaut, il est disponible en traduction française sur notre site Internet.

Après avoir souligné le rôle du Pape et l’importance décisive du ministère pétrinien, Mgr Mutsaerts rappelle que la loi suprême dans l’Église est le salut des âmes (Salus animarum suprema lex). C’est en fonction de celle-ci qu’il met en cause le processus même du Synode sur la synodalité, demandant un vrai bilan au regard de la transmission de la foi, des conversions, des confessions, des vocations, de la révérence envers la Sainte Eucharistie, etc. Il rappelle que l’Église ne repose pas sur un principe de conversation continue, mais sur le Christ et que les vraies réformes sont toujours nées, non des structures, mais de l’action des saints.

« Le monde moderne, écrit-il encore, traverse une crise spirituelle extraordinaire. » De son côté, « l’Église possède quelque chose d’extraordinaire. Elle possède l’Évangile. Les sacrements. L’Eucharistie. La confession. Deux mille ans de sagesse. L’Écriture sainte. Les Pères de l’Église. Thomas d’Aquin. Augustin. Les mystiques. Les saints. Une tradition incomparable d’art, de musique, de philosophie, de morale et de spiritualité. Et, surtout, Jésus-Christ. »

L’appel qui conclut la lettre de Mgr Mutsaerts à Léon XIV est le nôtre :

« Ma demande est donc simple : donnez-nous de la clarté. Quand le monde parlera plein d’incertitude, que Pierre parle avec clarté. Quand l’Église se lassera des discussions internes, montrez-nous le chemin du retour vers le Christ. Quand nous nous perdrons dans les processus et les structures, rappelez-nous notre mission. »

 

>> à lire également : DOSSIER | Saint Louis (8/8) : Antidote au désordre moderne

 

Philippe Maxence

Philippe Maxence

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