> L’Essentiel de Thibaud Collin
Devant un large éventail de participants, au Stade de France, à Notre-Dame de Paris à Lourdes ou à Metz, Léon XIV a su rappeler, pendant son voyage en France, avec sérénité et profondeur, les fondamentaux d’une civilisation chrétienne. Une véritable thérapie spirituelle pour une nation dont l’avenir est à vue humaine bien sombre.
Durant ces quatre jours de visite apostolique de Léon XIV en France, un contraste est apparu d’emblée et n’a cessé de s’approfondir. Contraste entre la situation sociale, économique, morale et spirituelle de notre pays d’une part et la personne, les paroles et les actes du Pape d’autre part. D’un côté un peuple en pleine crise existentielle, à l’orée d’une énième campagne présidentielle qui, n’en doutons pas, suscitera autant de désespoir dans les mois suivant l’élection qu’elle aura suscité d’espoir dans les mois la précédant ; de l’autre, un sage au sens strict du terme. Ainsi, en venant visiter l’Église en France, le Pape s’est aussi penché sur notre dépression nationale. Léon XIV a, par ses paroles et par son attitude, manifesté ce qu’est un monde civilisé. Un monde civilisé est fondé sur la sagesse.
Prière et sagesse
« Le propre du sage est d’ordonner », dit Aristote. Ordonner, c’est honorer les relations constitutives d’un tout pour que celui-ci atteigne sa plénitude. La santé est l’ordre physique de l’individu. La paix est l’ordre de la société humaine. Le sage est celui qui considère les choses à partir de leurs principes les plus élevés et qui, grâce à cette distance, peut ordonner les choses les unes aux autres. La sagesse de Léon XIV s’est déployée dans ses nombreux discours, discours brefs, limpides, allant à l’essentiel. Elle s’est aussi manifestée dans sa présence, pleine de placidité et de retenue, comme irradiée de l’intérieur par la prière. Le passage aux Carmes a rappelé ce que Léon XIV doit à « la pratique de la Présence de Dieu », vécue et enseignée par le frère Laurent de la Résurrection (1614-1691). « Il n’est pas nécessaire, dit le frère carme, d’être toujours à l’église pour être avec Dieu, nous pouvons faire de notre cœur un oratoire dans lequel nous nous retirions de temps en temps pour nous y entretenir avec lui doucement, humblement et amoureusement. » (1) De temps en temps… puis peu à peu de manière continue, telle est la voie simple et si…







