Jean-Paul Ier : un pasteur doux et humble, cloué sur la Croix

Publié le 14 Sep 2022
Jean-Paul Ier : un pasteur doux et humble

Si le pape François a suivi la règle établie par Benoît XVI de ne pas en principe procéder lui-même aux béatifications, il a aussi suivi son exemple pour quelques cas particuliers. Ce fut le cas pour la béatification de l’un de ses prédécesseurs ce 4 septembre, d’abord en la personne de Paul VI ; maintenant en celle de Jean-Paul Ier, que l’on a appelé à juste titre le pape du sourire et de l’humilité.

Loin d’être une parenthèse éphémère dans la vie de l’Église, ce pape, à travers une catéchèse compréhensive pour tous, a ouvert le chemin à Jean-Paul II. Il a été le précurseur, à l’exemple de Jean-Baptiste, de la voix forte qui allait prêcher à tous les hommes le Rédempteur de l’Homme. C’est ce que note d’ailleurs en substance le Pape dans son homélie, en s’appuyant sur les textes bibliques de la messe.

L’Évangile nous montre Jésus en marche déterminée vers Jérusalem, tandis que les foules font route avec lui. Pourtant, le Seigneur se garde bien de satisfaire leurs intérêts égoïstes. Au contraire, il se montre particulièrement exigeant : celui qui ne l’aime pas plus que ses proches, celui qui ne consent pas à porter avec lui sa croix, celui qui ne peut se détacher des biens terrestres pour penser d’abord aux biens éternels, celui-là ne peut être son disciple. Le Seigneur se montre un maître, mais un maître dont le discours est aux antipodes de celui des politiciens manipulateurs et calculateurs, qui ne servent que leur moi et le prince de ce monde. Au contraire, celui qui n’est que oui agit simplement, loyalement, avec dextérité mais sans ruse. Il nous sauvera, mais pas comme les soit-disant sauveurs de la dernière heure, ces politiciens qui en réalité veulent accroître leur popularité, leur puissance et leur fortune dans tous les sens du terme. Jésus agit à l’opposé et, comme Fils de Dieu, il ne peut faire autrement, car le style et les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. Il n’instrumentalise pas nos besoins à des fins égoïstes, il n’utilise jamais nos faiblesses et nos fautes pour se grandir, en nous séduisant par une tromperie sur l’illusion d’un paradis terrestre. Jésus ne cherche pas d’abord la popularité en manipulant les chiffres et les promesses. Si quelqu’un veut suivre Jésus par intérêt personnel, il fait assurément fausse route. Jésus nous demande tout simplement de porter notre croix à sa suite. C’est ainsi que Jean-Paul Ier a suivi le Christ, en étant un pasteur doux et humble, cloué sur la Croix.

La seule couronne que nous devons envier est celle de Jésus : une couronne d’épines. Pour cela, l’humilité demeure absolument nécessaire. De nature nous nous laissons vaincre par l’orgueil et les trois concupiscences. Le Pape nous donne en exemple l’humilité de Jean-Paul Ier, pour rappeler les dangers de la mondanité : suivre le Seigneur ne signifie pas entrer dans une cour royale, ni participer à un cortège triomphal. Non, comme le dit justement dom Delatte, le char triomphal du Christ, c’est précisément sa Croix. Mais attention, nous ne pouvons entrer seul dans le cortège triomphal de la Croix. Non seulement nous devons y entrer avec Jésus, mais encore avec nos frères. Pour cela nous devons nous mettre à l’école du Crucifié qui, la veille de sa Passion, nous donna le commandement nouveau de l’amour. Ce n’est qu’en regardant le Crucifié, que nous entrerons davantage dans la connaissance de l’amour de Dieu. Que Notre Dame des douleurs, mais aussi du sourire, caractéristique de Jean-Paul Ier, nous aide à entrer dans le mystère de la Croix, qui nous permettra de comprendre le mystère de son pontificat.

Ce contenu pourrait vous intéresser

Église

Maria Alvarado : une laïque à la tête de la communication du Saint-Siège

Jamais une femme non religieuse n’aura eu une telle responsabilité au Vatican. La nomination de Maria Montserrat Alvarado, jeune Mexicano-Américaine et présidente d’EWTN News, pour diriger la communication au Vatican marque l’ouverture d’une ère nouvelle, tournée non plus vers l’Europe, où la foi décline, mais davantage vers les Amériques.

+

maria Alvarado EWTN vatican communication
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Agnus Dei 16 (Féries per annum)

Voici un Agnus Dei très ancien, daté du Xᵉ siècle, et représenté par de nombreuses sources manuscrites en provenance de toute l’Europe. Sa mélodie du 1er mode est très simple et alterne avec discrétion les courts passages syllabiques et de sobres formules neumatiques.

+

alléluia corps Agnus Dei
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Sanctus 16 (semaine du temps ordinaire)

Le Sanctus 16 est un des plus simples de toute la série. Il est daté du XIIIᵉ siècle et serait probablement d’origine anglo-saxonne. Il se présente comme une légère amplification d’une déclamation, et son caractère assez syllabique le range parmi les Sanctus les plus faciles à mémoriser et donc à chanter pour une foule. Il s’agit d’un 2ᵉ mode à l'ambitus assez restreint.

+

SANCTUS
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Kyrie 16 (jours ordinaires)

Le Kyrie 16 est le plus bref puisqu’il tient sur deux lignes de portée à peine. Il est daté des XIe-XIIIe siècles, mais il remonte sans aucun doute beaucoup plus haut et sa modalité est très archaïque. Il est marqué en 3ème mode et suit un schéma extrêmement simple : abaa’.

+

kyrie alleluia saint pierre petrus