Petite question pour temps de normalitude* (3)

Publié le 28 Juil 2012

Le viol est-il assimilable à l’avortement ? D’emblée, la question ne me serait pas venue à l’esprit. C’est Clémentine Autain qui m’y a fait penser, l’autre jour, en lisant son appel dans Le Nouvel Observateur (12 juillet 2012). Pour ceux qui auraient un trou de mémoire, rappelons que Clémentine Autain a été conseillère municipale de Paris, apparentée PCF et qu’elle est aussi une féministe militante. Elle ne manque pas de courage ! Si elle lance un « appel », c’est parce qu’elle a été violée et que non seulement elle a décidé de ne pas le cacher mais aussi de mener la lutte contre le viol. Cause légitime.

Son appel se revendique du « Manifeste des 343 salopes », publié en son temps par Le Nouvel Obs. Pour Clémentine Autain, les signataires de ce texte « menaient le combat qui a conduit au droit d’avorter en toute légalité. Finissons-en avec le tabou du viol ».

Je me demande si elle s’est bien relue en écrivant une telle phrase. Avant sa légalisation, l’avortement était un tabou, ce qui veut dire selon l’étymologie du mot, un interdit sacré. La loi à laquelle se réfère Clémentine Autain a fait sauter cet interdit et a désacralisé du même coup la vie.

Le viol reste quant à lui un tabou. C’est un interdit, et un interdit sacré, parce qu’il touche au plus intime de la personne.

Clémentine Autain veut-elle vraiment en finir avec ce tabou ? Bien évidemment, non ! C’est sa comparaison avec l’avortement qui ne tient pas. Ou, plutôt, elle tient, mais en sens inverse de ce que veut dire la militante aveuglée par l’idéologie féministe. À sa manière, l’avortement est une forme de viol. Radical ! Il viole l’enfant à naître en l’expulsant du ventre protecteur. En toute logique, il faut donc s’opposer au viol comme à l’avortement.

* Normalitude : normalisation voulue par un président de la République qui entend être normal et qui utiliserait le « code de langage » mis au point en Chine par son ex-compagne alors candidate à l’élection présidentielle.

Ce contenu pourrait vous intéresser

Chroniques

Concours Jeunes Talents 2025 : Le Reliquaire bleu

CONCOURS JEUNES TALENTS 2025 | Lauréat | Comme chaque année depuis 8 ans, L’Homme Nouveau a lancé son concours d’écriture Jeunes Talents 2025 entre avril et juin. Cette année, le thème était : « À la manière de G.K. Chesterton… Une nouvelle énigme pour le Père Brown » Découvrez en entier le texte du lauréat. Ce texte est aussi publié dans le numéro d’été (n° 1836), daté du 19 juillet 2025.

+

jeunes talents
ChroniquesAnnée du Christ-Roi

Dom Pateau : Pas de paix véritable sans le règne du Christ

Enquête Quas Primas 7 | Une fausse idée de liberté développée à partir du XIXe siècle a mené à oublier la royauté sociale du Christ pourtant bien demandée par Pie XI. Toute autorité étant réputée venir du peuple et non plus de Dieu, une conduite chrétienne conforme aux commandements divins devient plus ardue. Seule l’instauration du règne du Christ permettra de retrouver une vraie justice.

+

règne du christ-roi paix
ChroniquesLectures

Carte blanche : Le cardinal Charles Journet

Carte blanche d’Yves Chiron | Le cardinal Journet a déjà eu plusieurs biographes, notamment Lucien Méroz en 1981 et Guy Boissard en 2000. Philippe Chenaux, historien suisse, professeur émérite à l’Université pontificale du Latran, publie ce qu’il appelle une « biographie intellectuelle et politique » du théologien mort en 1975.

+

cardinal charles journet
ChroniquesFin de vie

Euthanasie : tuer par altruisme ?

C’est logique ! de François-Marie Portes | L’Assemblée nationale a voté en faveur de l’euthanasie sous couvert d’une « aide à mourir » et d’une prétendue « dignité ». Derrière ces mots se cache une logique perverse : faire passer pour un acte altruiste ce qui est, en réalité, une atteinte à la vie humaine.

+

euthanasie mort digne
Chroniques

Nouveaux mots : l’érosion discrète du rapport au réel

C’est logique ! de François-Marie Portes | Sous couvert d’enrichir la langue, l’ajout de nouveaux mots comme « aplaventrisme » ou « asexuel » traduit moins une vitalité de la pensée qu’un appauvrissement du regard porté sur le réel. Loin de simplement décrire, ces néologismes dissimulent une redéfinition silencieuse des repères moraux et philosophiques fondamentaux.

+

AdobeStock 54411084 nouveaux mots