La France charnelle et catholique

Publié le 18 Sep 2025
France tradition

Au Pardon de Sainte-Anne-d’Auray ce 26 juillet, un regain de la culture bretonne chrétienne. © Clara S. Lewis

> L’Essentiel de Joël Hautebert
Un mouvement de redécouverte des traditions irrigue aujourd’hui la France. Ces initiatives contribuent à retisser du lien social et à transmettre un patrimoine enraciné. Encore faut-il discerner ce qui relève d’un authentique héritage français et chrétien, et ce qui risque de s’égarer dans des mythologies ou dérives identitaires.

  D’année en année, nous assistons à une augmentation des spectacles et des activités de loisir mettant en valeur un pan d’histoire, un monument, un haut lieu de notre histoire. Ces festivités ou spectacles peuvent résulter d’initiatives politiques départementales ou municipales, mais aussi d’un investissement associatif ou tout simplement familial, avec de moindres moyens financiers compensés par un enthousiasme supérieur qui ne nuit pas à la qualité. Notre patrie n’étant pas une idée mais un ensemble de biens concrets de toute nature, nous ne pouvons que nous réjouir de voir des Français mettre en lumière des pans d’histoire connus ou méconnus, ranimer de saines pratiques traditionnelles abandonnées ou vieillissantes, redonner vie à « quatre coins de terre » injustement désertés et mettre en valeur « les pauvres honneurs des maisons paternelles ».

Renaissance du tissu social

Ainsi, en Bretagne, nous voyons des pardons locaux sortir de l’oubli grâce à d’énergiques familiers des lieux, auxquels participent non seulement des catholiques convaincus mais aussi des gens du coin, heureux de voir renaître une ancienne pratique locale l’espace d’une journée ou d’un week-end. À l’image des calvaires restaurés, ce type d’initiative peut favoriser la renaissance du tissu social à partir de l’attachement au patrimoine commun, revivifier une vie locale communautaire autour d’une activité saine. Notre héritage est tel qu’il suffit de prendre la peine de s’intéresser à ce qui nous entoure au plus près pour trouver quelque chose qui vaut la peine d’être restauré et ranimé. Personne ne peut aimer ce qu’il ne connaît pas. Les Français ne peuvent aimer la France s’ils ne la connaissent pas. Tout ce qui fait connaître et aimer des petits bouts de France participe à l’éveil des intelligences à ce qui nous unit et au regain des énergies pour le bien de notre pays.

Un héritage commun

Pour reprendre un lexique usuel, nous pouvons aussi y voir un sursaut « identitaire », un besoin d’authentique « vivre-ensemble » autour d’un héritage commun, car le « vivre-ensemble » ne peut exister sur le principe nihiliste que tout se vaut, que toutes les pratiques sont possibles,…

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Joël Hautebert

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