Les religions, la lettre et l’esprit

Publié le 31 Mar 2015
Les religions, la lettre et l'esprit L'Homme Nouveau

Dans un monde pétri d’audiovisuel, on parle souvent de la baisse de la lecture de livres aussi bien chez les enfants que chez les adultes. On nous propose de décrypter plutôt le langage utilisé sur internet où le vocabulaire est parfois un obstacle d’ordre technique pour l’intégrité des langues, que ce soit en anglais ou en français. Mais personne ne semble vraiment dérangé par le sens véritable des mots qui sont des outils pour échafauder le raisonnement.

Pourtant, les comportements humains ont toujours été conditionnés par l’écrit : Moïse est descendu du Mont Sinaï avec les tablettes de la Loi où ont été inscrits les commandements de Dieu. Et aujourd’hui, ce sont précisément les faits religieux transmis par l’Écriture au cours des siècles qui se trouvent à l’origine des graves conflits entre les hommes. Le sens des mots a pris deux directions diamétralement opposées : par la lettre et par l’esprit. Le littéralisme biblique a été l’apanage de ce que saint Augustin appelle l’homme charnel. On est arrêté sur le détail d’un récit. L’homme spirituel en revanche devrait être capable de lire au-delà du sens concret : par exemple, dès la Genèse on voit Adam et Ève dans un jardin devant un fruit défendu. Au deuxième degré, on devrait comprendre que l’homme se trouve dans la maison de Dieu qui l’a créé, devant l’épreuve de la confiance en son Créateur. Dans toutes les religions, le sens littéral a souvent dévoyé l’effort spirituel. Chez les Juifs orthodoxes, la Promesse faite à Abraham devient la légitimité de conquérir la Terre Sainte, sans remettre en question de possibles exigences en retour de la part du Dieu d’Israël. Dans le talmudisme rabbinique, à force d’interprétation, on admet un détail en remplacement d’un autre, sans s’occuper forcément du sens spirituel. Quant à l’Islam, malgré les évènements récents, une meilleure lecture du Coran peut encore donner une élévation aux croyants si le mot jihad est interprété comme une guerre contre le péché en soi-même et les privations du ramadan comme autant de sacrifices pour Dieu.

Chez les chrétiens, à l’instar de saint Paul, on a fait constamment l’effort par les conciles, les Pères de l’Église et les vies des saints d’ouvrir le débat entre la lettre et l’esprit. Aujourd’hui, le Pape François veut nous préserver du statu quo : sur le chemin de la vérité, l’objectif est de faire régner Dieu par l’amour de tous les hommes.      

Ce contenu pourrait vous intéresser

ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Offertoire Justórum ánimæ (Toussaint)

Une grande richesse doctrinale est contenue dans la fête de la Toussaint et il n'est pas étonnant de retrouver cette richesse au plan musical, dans les pièces de la messe. L’offertoire Justórum ánimae bénéficie d’une totale harmonie entre le texte et la mélodie. Le 1er mode, mode de la paix, imprègne complètement cette pièce.

+

kyrie alleluia saint pierre petrus Toussaint
À la uneÉgliseSpiritualité

Jubilé de saint François (3/3) : Le Tiers-Ordre, l’autre visage du franciscanisme

DOSSIER « Un jubilé pour méditer saint François » | Si l’on s’attarde naturellement sur les deux ordres fondés par saint François, on néglige trop souvent le monument qu’est le Tiers-Ordre franciscain. C’est une foule innombrable de gens ordinaires et moins ordinaires, à travers les siècles, qu’a inspirés l’idéal du Poverello d’Assise. Entretien avec Pierre Moracchini, historien spécialiste de la famille franciscaine.

+

franciscain tiers-ordre Saint François