A l’appel du Pape, nous rendre dociles au feu de l’Amour

Publié le 23 Mar 2021
A l'appel du Pape, nous rendre dociles au feu de l'Amour L'Homme Nouveau

Commentaire, par un moine, de l’allocution du Pape lors de l’Audience générale du 17 Mars 2021.

      Comme il l’avait annoncé, le Pape poursuit sa catéchèse sur la prière en insistant sur le point capital de nos relations avec la Sainte Trinité. Dans la ligne du discours d’adieu de Jésus, il insiste sur le rôle particulier du Saint-Esprit. Dans ce long discours, Jésus annonçait aux siens que le monde, au sens johannique du terme, haïrait les disciples du Christ, comme auparavant il avait haï le Maître. Le destin des Apôtres serait semblable à celui de Jésus. Mais les Apôtres recevraient des forces qui leur viendraient d’en haut : la foi et l’amour, garanties de leur union à la Tête, au cep de vigne. Jésus leur promit aussi à quatre reprises la venue d’un autre Paraclet qui leur enseignerait tout. L’Esprit saint est ce nouveau Paraclet. Ce n’est pas Mahomet qui peut ouvrir notre cœur à la « présence des Trois » comme aimait à le dire sainte Élisabeth de la Trinité. C’est l’Esprit saint seul qui peut nous attirer dans ce tourbillon d’amour qu’est le Dieu un et trine. Saint Jean rejoint saint Paul qui nous dit que désormais, après la venue du Saint-Esprit, nous ne sommes plus des étrangers. Nous sommes des pèlerins vers la Jérusalem céleste où nous louerons pour l’éternité la Sainte Trinité. Sans le Saint-Esprit, l’adoption filiale est impossible, car sans lui, nous ne pouvons dire Abba (papa) à Dieu.

      L’Esprit est toujours à l’origine de notre prière. Lui seul nous permet de prier correctement, car il est don du Mystère pascal du Christ et lien d’amour entre le Père et le Fils. Le Catéchisme de l’Église Catholique (n°2670) nous invite à invoquer souvent le Saint-Esprit au cours de notre journée. Hélas trop souvent il est le grand méconnu de la vie spirituelle, ce qui est d’autant plus grave que celui qui ne prie pas, ne respire pas spirituellement et ne peut se sauver. Le Saint-Esprit est la mémoire de Dieu en nous, notre mémoire trinitaire. Jésus n’est pas un personnage du passé, mais vivant car ressuscité et c’est le Saint-Esprit qui nous le fait comprendre, en attirant Jésus dans notre cœur. Comme le Saint-Esprit a éduqué les Apôtres, comme il a éduqué sainte Marie Madeleine, il nous éduque nous aussi. Cette expérience de vie intime avec Jésus et avec le Père dans l’Esprit saint fut au cœur même de la vie des très nombreux saints de tous les temps. Tous ils ont été formés à la mesure de la plénitude du Christ par l’Esprit Saint. Le Père Marie Eugène à notre époque a particulièrement insisté sur ce point. Quand on rencontre un saint, fût-il de la porte d’à côté, on perçoit aussitôt sur son visage que son regard n’est plus d’ici-bas. Grâce au Saint-Esprit, il est d’un autre monde, le monde trinitaire. Les bourreaux du Père Maximilien-Marie ne pouvaient pas supporter son regard. Grâce à l’Esprit saint, malgré les luttes et les sécheresses, la prière devient un long dialogue d’amour avec Dieu. Et c’est la seule réponse que nous pouvons donner à Dieu « qui a tant aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils unique, non pour perdre le monde mais pour le sauver ». Et bien sûr l’Esprit saint nous donnera une âme eucharistique, car c’est dans ce sacrement que nous rencontrons Jésus vraiment, réellement et substantiellement présent.

      Notre tâche est donc facile. Elle consiste à nous laisser guider par les sept voiles de l’Esprit saint que sont ses dons. Par eux nous pourrons maintenir vivant ce feu allumé dans nos âmes. Sans ce feu de l’Esprit saint, la tristesse l’emportera sur la joie, l’habitude et la routine remplaceront l’amour et le service humble et discret se transformera en esclavage. Que Marie nous aide à prier et à rendre gloire magnifiquement à la Sainte Trinité, en étant dociles au feu de l’Amour !

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