À l’école de la Visitation, notre dernier hors-série

Publié le 16 Août 2013
À l'école de la Visitation, notre dernier hors-série L'Homme Nouveau

Le dernier hors-série de L’Homme NouveauÀ l’école de la Visitation, splendeur d’art et de foi, a été envoyé à tous nos abonnés. Il est également disponible pour tous ceux pour ceux qui voudraient découvrir ce que peuvent produire comme merveilles et comme moyen d’évangélisation les époussailles de l’art et de la foi. Voici ce qu’en dit Philippe Maxence, rédacteur en chef de L’Homme Nouveau, dans son éditorial : 

C’est un cri du coeur, une exclamation d’émerveillement. Et un tel mouvement, aux confins de l’emballement des sens et du contentement de l’âme, ne se garde pas pour soi, ne se laisse pas enfermer dans la prison du moi. Jamais, peut-être, nous n’en avions ressenti l’impérieuse nécessité qu’en découvrant les trésors du Musée de la Visitation de Moulins. Niché dans la vieille ville, abrité dans des bâtiments qui témoignent à eux seuls de la richesse du patrimoine architectural français, le Musée de la Visitation reflète tout un pan de la véritable civilisation européenne, traduction elle-même de l’universalisme du catholicisme.

Fondé en 1610 par saint François de Sales, évêque de Genève, replié à Annecy en raison de la mainmise calviniste sur la célèbre ville suisse, et par sainte Jeanne de Chantal, la plus connue de ses dirigées, l’Ordre de la Visitation Sainte-Marie (son nom complet) n’a cessé depuis de rayonner de la foi de ses fondateurs. Une foi sereine et douce qui puise dans l’amour du Coeur de Jésus la ferme certitude que tout homme est appelé à aimer Dieu et à l’imiter en se laissant conduire par les mouvements de la grâce.

On retrouve des reflets de ces convictions dans les trésors de la Visitation. En donnant à Dieu la première place, dans leurs âmes et dans leurs vies, les visitandines firent en sorte que cette primauté se reflète jusque dans le moindre objet destiné au culte et à la vie religieuse. Dotées d’un sain réalisme, elles voulurent que la sensibilité elle-même fût évangélisée et serve d’appui à l’âme pour s’élever vers la contemplation des réalités invisibles. Dépouillées de tout, et d’abord d’elles-mêmes, elles souhaitèrent n’avoir pour richesse que ce qui participait à glorifier Dieu. Le saint curé d’Ars ne pensa pas autrement qui dépensait tout son argent pour acquérir les plus beaux ornements destinés à la célébration de la sainte messe, le vrai trésor des pauvres.

Les hasards de l’Histoire, et la volonté opiniâtre d’un homme, Gérard Picaud, ont élevé Moulins au rang d’arche de ces trésors, désormais mis à la disposition de tous. Le Musée de la Visitation traduit à sa manière, une fois encore, que ce qui est petit et humble est beau, comme l’Enfant-Jésus dans la crèche de Bethléem ou la Vierge Marie accueillant le message de l’ange Gabriel. Le beau élève l’âme et c’est une voie d’évangélisation, bien trop négligée dans l’Église aujourd’hui, alors que la Réforme catholique qui a suivi le concile de Trente n’a jamais cessé d’y faire appel comme, d’ailleurs, les liturgies orientales. Face à Dieu, nous sommes tous des pauvres, et s’il faut soigner avec vigueur les plaies de nos pauvretés, spirituelles et matérielles, il serait hasardeux de ne pas continuer à donner aux hommes la beauté et la splendeur de la vérité. C’est le miracle du Musée de la Visitation que d’y participer.

 

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