Accord Chine-Saint-Siège : un renouvellement prudent 

Publié le 25 Nov 2024
chine

Mgr Shen Bin, nommé par le gouvernement à la tête du diocèse de Shanghai et président de la Conférence des évêques catholiques chinois.

L’Accord provisoire sur la nomination des évêques en Chine, signé en 2018, a été renouvelé pour la troisième fois en octobre. Un acte de prudence plus que d’enthousiasme, alors que le régime contrôle étroitement l’Église.

  Le 22 octobre dernier, l’Accord provisoire entre le Saint-Siège et la république populaire de Chine sur la nomination des évêques, signé en 2018, et renouvelé en 2020 et 2022, a été prolongé, pour quatre ans cette fois. Les autorités chinoises auraient voulu, dès l’origine, que l’Accord soit définitif ; le Saint-Siège a préféré en 2018 un accord provisoire pour ne pas être lié de manière irrévocable. Prolonger pendant quatre ans l’Accord, et non plus pour deux ans comme les fois précédentes, est un geste de bonne volonté de la part du Saint-Siège, malgré une violation manifeste de cet accord en avril 2023, lorsque Mgr Shen Bin, évêque d’Haimen, a été nommé par le gouvernement à la tête de l’important diocèse de Shanghai, nomination faite sans consultation du Saint-Siège. Le directeur du Bureau de presse du Vatican, Matteo Bruni, n’avait pu alors que protester le 4 avril, de façon mesurée, contre cette politique du fait accompli : « Le Saint-Siège a été informé il y a quelques jours de la décision des autorités chinoises et a appris par les médias son installation ce matin. » « Pour l’instant, je n’ai rien à dire sur les sentiments du Saint-Siège sur cette question », avait ajouté le directeur du Bureau de presse.

Une Église toujours sous contrôle

Le texte de l’Accord de 2018 n’a pas été modifié et reste toujours secret. Faire le bilan d’un arrangement conclu il y a six ans maintenant est délicat. Dix évêques ont été nommés depuis 2018, mais une trentaine de diocèses (environ un tiers des diocèses chinois) restent encore sans titulaire et l’on peut penser que le Vatican a tout fait pour essayer de remédier à cette situation. Par ailleurs, ce que l’on appelle l’« Église souterraine » ou l’« Église clandestine » existe toujours. Ces expressions sont inadéquates, on devrait plutôt parler d’Église non autorisée ou non reconnue par le gouvernement. Il s’agit d’évêques légitimes, sacrés avec l’accord du Saint-Siège sous les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI, des prêtres, des communautés religieuses et des fidèles qui reconnaissent leur autorité. Ils ne sont pas reconnus par les autorités communistes et sont en permanence sous la menace d’intimidations, de sanctions ou d’emprisonnement.…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Yves Chiron 

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneTribune libreChrétiens dans le monde

Le Liban dans le gouffre

Tribune libre de Benjamin Blanchard, directeur général de SOS Chrétiens d’Orient | Les scènes de départs précipités, plus de 800 000 Libanais, à l’heure où j’écris, les ont connues. Pour un pays comme le Liban, cela veut dire que c’est plus de 12 % de la population qui a dû quitter son village, son quartier, pour prendre la route vers l’inconnu. Les centres d’accueil officiels sont saturés ; les autorités sont dépassées ; l’aide internationale promise est largement insuffisante.

+

liban
À la uneCultureÉglise

Carte blanche : D’Adrien VI à Zénon de Vérone

Carte blanche à Yves Chiron | Le Dictionnaire d’Histoire et de Géographie ecclésiastiques poursuit sa publication à un rythme régulier – un fascicule par an – et constitue toujours une référence incontournable pour l’histoire de l’Église des origines à nos jours et dans tous les pays. Le fascicule 199b-200 compte 68 notices, classées par ordre alphabétique, d’Adrien VI à Zénon de Vérone.

+

zénon de Vérone Adrien VI
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Sanctus 14, Jesu Redemptor (Fêtes des saints)

Le Sanctus XIV, daté du XIIᵉ siècle, nous est connu par l’intermédiaire de quelques rares sources manuscrites. Il s’agit d’un 1er mode très paisible, non exempt de beaux jaillissements qui lui confèrent une vraie majesté. On a relevé son caractère thématique, c’est-à-dire qu’il contient de nombreuses répétitions mélodiques, à commencer par la formule de l’intonation que l’on va retrouver quatre fois.

+

grégorien ascension communion agnus graduel sanctus