> DOSSIER : « L’ADMD : enquête sur une étrange association »
Les débats en cours à l’Assemblée nationale ne sont que l’aboutissement d’une longue histoire. En 1978, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est fondée en France, renversant le dogme du respect de la vie pour promouvoir le suicide.
En France, la campagne en faveur de l’euthanasie fut lancée dans les années 1970 par la publication d’une série d’articles et de livres, et en particulier par la publication dans Le Figaro du 1er juillet 1974 de la traduction du manifeste pro-euthanasie paru dans The Humanist en juin 1974. Une publication du Dr Émile Raimbault sur La Délivrance fait aussi les gros titres de la presse en 1976 (1).
Un premier plaidoyer
En 1977, Pierre Viansson-Ponté et le cancérologue Léon Schwartzenberg publient Changer la mort, un plaidoyer en faveur de l’euthanasie. Cela conduit en 1978 les sénateurs Henri Caillavet et Jacques Mézard à déposer une proposition de loi visant à obtenir la reconnaissance légale de « testaments de vie », suivant en cela l’exemple américain. Ce fut un premier échec. Mais dès 1980, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) est fondée en France par l’Américain Michel Lee Landa, après que celui-ci a publié dans Le Monde une tribune faisant l’apologie de « l’autodélivrance » (2). L’objet de l’association est « de promouvoir le droit légal et social de disposer de façon libre et réfléchie, de sa personne, de son corps, et de sa vie, et de choisir librement la façon de terminer sa vie, de manière à la vivre jusqu’à la fin dans les conditions les meilleures » (3).
L’ADMD adopte le logo de l’association britannique « Exit » : un triangle constitué d’une chaîne brisée représentant la chaîne de la vie marquée par la mort. L’acronyme ADMD figure à l’emplacement de cette brisure. Le triangle signifie les trois pôles de la vie ; naissance, déroulement et mort, ou la Trinité. Il fut envisagé d’ajouter un cercle autour du triangle pour signifier une forme d’éternité (4), selon la symbolique maçonnique. D’emblée, l’association défend « le droit de choisir l’heure et le moyen de sa propre mort » et, suivant l’exemple américain, promeut l’inscription dans la loi du « testament…






