Assomption ou Dormition ? Les mystères du 15 août

Publié le 14 Août 2026
assomption dormition

La Mort de la Vierge, par Michiel Coxie (v. 1555), Musée du Prado.

Le 15 août, l’Église universelle fête l’Assomption de la Vierge Marie, les orthodoxes, eux, célèbrent la Dormition. Incompatibilité dogmatique ou simple différence dans l’expression ? Éclairage.

 

1. Que fête-t-on le 15 août ?

Le mystère du 15 août est en réalité double : alors qu’on fête en Occident l’Assomption de Notre-Dame, c’est-à-dire son élévation au Ciel avec son âme et son corps, à la fin de sa vie terrestre, cette solennité est rejetée par certains en Orient, où l’on célèbre à la place la Dormition de la Mère de Dieu. Cette différence de mots et de tradition cache-t-elle une réelle divergence de foi ou de théologie ? Assomption et Dormition désignent-elles deux réalités contradictoires ?

Mostra Bartolomeo Cesi Lapidario del Museo Civico Medievale 55 Bartolomeo Cesi Dormitio Virginis 01 dormition

Pour la tradition orientale, la Sainte Vierge est morte avant d’avoir été élevée au Ciel.

 

2. Quelles sont les sources du dogme de l’Assomption

On entend parfois dire que la Bible ne porte pas trace de l’Assomption : Pie XII appuie cependant sa proclamation dogmatique sur de nombreux passages scripturaires, tirés notamment de la Genèse (la promesse relative à la femme qui écraserait la tête du serpent, et serait donc exempte de la peine due à sa perfidie – la mort : Gn 3, 15), de l’Évangile selon saint Luc (Marie est « pleine de grâce » et déjà habitée par la vie éternelle de Dieu : Lc 1, 28) et de l’Apocalypse (elle est cette femme revêtue du soleil, vue dans le ciel avec son âme et son corps par saint Jean : Ap 12, 1).  Ces indices de l’Écriture furent amplement développés par la tradition ancienne : les premières mentions sont des apocryphes racontant le transitus Mariae, mais dès le IVᵉ siècle, saint Ephrem de Syrie évoque la préservation du corps de Marie, et l’on retrouve de nombreuses homélies sur la Dormition chez les Pères orientaux des VIᵉ et VIIᵉ siècles. Pour saint Jean Damascène, au VIIIᵉ, il fallait que celle qui avait conservé sans tache sa virginité dans l’enfantement conservât son corps sans corruption même après la mort ; il fallait que celle qui avait porté le Créateur comme enfant dans son sein demeurât dans les divins tabernacles ; il fallait que l’épouse que le Père s’était unie habitât déjà le séjour du Ciel. Bien que l’Immaculée Conception de Marie n’ait pas été unanimement enseignée par les docteurs médiévaux, tous adhéraient en revanche à…

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Abbé Paul Roy (fssp)

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