Au quotidien n° 284 : la Grande Démission

Publié le 05 Nov 2021
Au quotidien n° 284 : la Grande Démission L'Homme Nouveau

Dans son numéro du 4 novembre 2021, Le Point propose la traduction d’un article du magazine américain « The Atlantic » analysant sous l’expression de « Grande Démission » – un écho à la « Grande Dépression » des années 1930 – un des effets imprévus de la Covid 19.

C’est au printemps dernier que j’ai commencé à remarquer cet étrange phénomène. En avril, aux États-Unis, le nombre de travailleurs à avoir quitté leur emploi en un seul mois battait un record historique. Un mouvement que des économistes ont désigné comme la  » Grande Démission « . Mais il n’en était qu’à ses débuts. En juillet, le nombre de démissionnaires allait encore grossir. Et en août, on atteignait un nouveau sommet. La Grande Démission ? Elle ne fait que s’amplifier. Les  » Quits « , comme les répertorie l’office américain des statistiques du travail, sont en hausse dans quasiment tous les secteurs. Pour les professionnels des loisirs et de l’hôtellerie, notamment, la vie ressemble à une gigantesque porte-tambour. Près de 7 % des employés du secteur  » hébergement et services de restauration  » ont quitté leur emploi en août. En d’autres termes, chez les barmen, serveurs de restaurant ou réceptionnistes d’hôtel, une personne sur quatorze aura rendu son tablier en un seul mois. Grâce aux aides d’urgence débloquées durant la pandémie, au moratoire locatif et à l’annulation des prêts étudiants, tout le monde, et surtout du côté des jeunes et des bas salaires, a plus de liberté pour laisser tomber un boulot détesté et aller voir ailleurs.

Comme je l’écrivais au printemps, la démission est un concept que l’on associe généralement aux perdants et aux fainéants. Mais ce niveau d’abandon professionnel traduit en réalité une vague d’optimisme qu’il faut entendre comme :  » Nous pouvons faire mieux. « 

(…)

Pour les travailleurs, en tout cas. Du côté des plus rares employeurs et chefs d’entreprise – pour qui la vie était bien plus belle avant la pandémie -, cette période doit donner l’impression de sauter de la poêle à frire du chaos économique pour atterrir dans les feux de l’enfer managérial. Les postes vacants sont légion et beaucoup le resteront encore des mois. Dans le même temps, les chaînes d’approvisionnement s’effondrent à cause d’une hydre de goulots d’étranglement. Pour faire marcher une entreprise, il faut des gens et des pièces. Avec des gens qui démissionnent et des pièces qui manquent, difficile d’envier les patrons en ce moment.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéÉducation

Des assises pour l’éducation intégrale

ENTRETIEN | Le 19 mars se tiendront au Collège des Bernardins, à l'initiative de « Saint-Joseph Éducation », les Assises de l'éducation intégrale. Grande première : les intervenants et les participants sont issus de l'enseignement catholique sous contrat et hors contrat. Entretien avec François-Xavier Clément, fondateur de Saint Joseph Éducation.

+

assises éducation intégrale
SociétéFin de vie

Enquête sur l’ADMD (3/3) : L’ECLJ : Pour le bien commun et la défense des plus fragiles

DOSSIER « L’ADMD : enquête sur une étrange association » | Depuis plusieurs mois, l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), une organisation de juristes chrétiens, se mobilise contre le projet de loi française sur l’euthanasie à travers des travaux de grande qualité. Mais son champ d’action est beaucoup plus vaste comme le précise ici son directeur, Grégor Puppinck.

+

maxresdefault ECLJ
Société

Enquête sur l’ADMD (2/3) : Évolution intellectuelle du mouvement euthanasiste

DOSSIER : « L’ADMD : enquête sur une étrange association » | L’euthanasie, aujourd’hui en voie de normalisation dans plusieurs pays occidentaux, est l’aboutissement d’une évolution intellectuelle commencée à la fin du XIXᵉ siècle. Examinons son origine anglo-saxonne, son utilisation par le nazisme et son évolution jusqu’à devenir aujourd’hui un nouveau « droit » individuel.

+

admd euthanasie