Au quotidien n°108 : vers un collapse démocratique ?

Publié le 09 Déc 2020
Au quotidien n°108 : vers un collapse démocratique ? L'Homme Nouveau

Sur son site Internet, l’hebdomadaire Rivarol s’interroge : « les élections présidentielles de 2022 auront-elles lieu ? » :

Lors d’une interview accordée au média en ligne Brut le vendredi 4 décembre, Emmanuel Macron a déclaré, à propos de l’élection présidentielle de 2022, « peut-être que je ne pourrai pas être candidat » car « on a vécu des choses absolument imprévisibles », assurant qu’il « ne prévoi(t) rien » en vue de l’élection de 2022, « parce que les circonstances l’exigeront, peut-être que je devrai faire des choses dures dans la dernière année, qui rendront impossible le fait que je sois candidat ». Et Macron de préciser, « si je me mets dans la situation d’être candidat, je ne prendrai plus les bonnes décisions ni de risques pour répondre à l’exigence du moment. » Mais il n’exclut rien. Tout en disant qu’il ne sera peut-être pas candidat, il affirme « en même temps » que « je suis candidat depuis le premier jour, parce que je me suis toujours construit, bâti, dans une volonté de convaincre et d’être au rendez-vous des résultats. » Durant l’élection présidentielle de 2017, le 28 avril, l’historien et démographe Emmanuel Todd, annonçait, lors d’un débat organisé par « Arrêt sur Images », que l’élection présidentielle de 2022 pourrait être purement et simplement annulée par l’oligarchie : « On est quand même dans un pays où l’oligarchie dirigeante — c’est presque pléonasmique de dire ça — s’est assise sur le résultat du référendum de 2005. Donc je pense qu’il y a tout à fait un risque pour la démocratie avec Macron. Parce que si les gens d’en haut arrivent à faire élire leur chose (Macron) à nu, ils vont avoir une tête comme un chou-fleur ! Tout va être permis ! Tout va être permis ! Et on peut tout à fait imaginer un monde dans lequel la prochaine fois : plus d’élection ! avec Macron ! C’est ça que vous ne voyez pas. » Dans le contexte actuel, de « crise sanitaire », l’éventualité semble plus probable. Le pouvoir pourrait soit annuler les élections, si le virus mute ou qu’une nouvelle catastrophe advient, soit mettre en place un système de vote électronique et par correspondance permettant des fraudes massives et le passage en force du candidat Macron, ou d’un ersatz.

Dans son éditorial de La Vie (1 décembre 2020), son nouveau directeur de la rédaction, Aymeric Christensen, évoque aussi les élections présidentielles, mais en partant des électeurs :

La majorité actuelle, arrivée au pouvoir avec la promesse d’un profond renouvel­lement des pratiques et d’un dépassement horizontal des clivages, ne s’est-elle pas égarée en verticalité, entre incapacité à répondre aux colères populaires qui s’agrègent depuis le mouvement des « gilets jaunes » et dérive autoritaire à l’œuvre actuellement ? La frénésie législative avec laquelle elle semble vouloir aujourd’hui contrôler tout ce qui lui échappe, votant la loi non plus « d’une main tremblante », mais d’un bras fébrile, a de quoi inquiéter. Mesure-t-on bien, par exemple, la gravité du fait que le Conseil d’État doive rappeler par deux fois en quelques mois que de trop fortes restrictions à la liberté de culte constituent une atteinte « manifestement illégale » à une « liberté fondamentale » ? Si on ajoute à ce tableau la défiance grandissante envers les institutions, quelles qu’elles soient, et le désintérêt pour le vote qui s’affirme élection après élection, c’est la crainte d’un scénario noir pour 2022 qui fait son chemin. Comme si la menace d’un effondrement écologique se doublait désormais de celle d’un « collapse » démocratique, dans lequel un candidat autoritaire n’aurait qu’à se baisser pour cueillir les fruits de cette étrange période. Du reste, une fois au pouvoir, ne trouverait-il pas à sa disposition tous les outils dont il peut rêver ?

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