Au quotidien n°141 : la Hongrie face à l’immigration

Publié le 03 Fév 2021
Au quotidien n°141 : la Hongrie face à l’immigration L'Homme Nouveau

Derrière un titre choc – Adoptons les gestes frontières –, le quotidien Présent évoque le bras de fer entre la Cour de justice de l’Union européenne et la Hongrie. Sujet du désaccord : l’immigration et la liberté de circuler en Europe.

« Après la décision de la Cour de justice de l’UE [CJUE] de décembre qui demandait à la Hongrie d’arrêter les refoulements [d’immigrants clandestins] en Serbie, la suspension des opérations frontalières de Frontex en Hongrie est bienvenue », se réjouissait le 27 janvier Ylva Johansson, sociale-démocrate suédoise et commissaire européenne aux Affaires intérieures.
L’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex) venait justement, par la voix de son porte-parole, de confirmer la suspension de ses activités en Hongrie. L’agence était sous le feu des critiques depuis plusieurs mois pour des accusations selon lesquelles ses fonctionnaires auraient participé à des refoulements « à chaud » d’immigrants pris en train de franchir illégalement la frontière entre la Turquie et la Grèce. Des accusations volontiers relayées par les grands médias et alimentées notamment par des ONG qui avaient dans le passé, dans les rapports annuels de Frontex, été elles-mêmes accusées de collaborer avec les passeurs. (…) Curieusement, la même pratique des refoulements à chaud mise en œuvre depuis de nombreuses années en Espagne (à Ceuta et Melilla) et au printemps dernier en Grèce (en réaction à l’assaut migratoire organisé par la Turquie) n’a pas encore valu à ces pays une saisine de la CJUE par la Commission européenne. En outre, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait approuvé, en février 2020, les refoulements à chaud pratiqués par l’Espagne (une pratique également approuvée par la Cour constitutionnelle espagnole en novembre 2020) et avait validé, en décembre 2019, les zones de transit hongroises. (…) Chris Borowski, le porte-parole de Frontex, a assuré que l’agence européenne ne retournerait pas en Hongrie tant que Budapest ne se serait pas conformé au jugement de la CJUE en matière de traitement des demandeurs d’asile. Autrement dit, tant que les immigrants illégaux n’auront pas la possibilité de faire une demande d’asile en Hongrie et de circuler librement dans l’espace Schengen en attendant la décision, Frontex ne reviendra pas. Mais dans ces conditions, Frontex ne sert à rien, et la Hongrie n’entend pas céder, sachant qu’elle peut toujours compter sur le soutien en matériel et en hommes de ses partenaires du groupe de Visegrád (V4). « La Hongrie ne cédera pas à la pression des forces pro-immigration. Elle continuera de défendre le peuple hongrois et les frontières de la Hongrie et de l’UE », a assuré Zoltán Kovács, le porte-parole hongrois pour les relations internationales.

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