Au théâtre : Ne me regardez pas comme ça !

Publié le 09 Nov 2015
Au théâtre : Ne me regardez pas comme ça ! L'Homme Nouveau

On se presse aux Variétés pour voir Sylvie Vartan comédienne transformée en Victoire Carlota, une ancienne star du cinéma italien vieillie et ruinée qui a décidé de faire écrire ses mémoires. 

L’éditeur lui envoie Marcelle (Isabelle Mergault) qui a déjà écrit un livre de cuisine à succès sur les accommodements du riz. Les deux femmes très différentes l’une de l’autre partent en voyage en Italie pour y cueillir, sur les lieux mêmes parcourus par l’actrice, des souvenirs censés constituer la matière de ces mémoires. Il faut se situer au deuxième degré si l’on veut comprendre le vide abyssal qui se dégage de cette comédie sans autre prétention apparente que celle d’une soirée de distraction. On est censé rire, et de fait certains rient un peu… En réalité, la pièce n’est pas drôle du tout malgré sa fluidité d’écriture. Il est beaucoup question d’apparence dans la pièce, star oblige, mais l’apparence n’est pas ici le premier degré de la profondeur comme ce qui se livre à la surface, mais la résonance creuse d’une superficialité qui n’a pas la moindre profondeur derrière. L’étoile est éteinte et il ne reste rien, pas même les souvenirs. La page des mémoires restera blanche. Tout l’intérêt de la pièce réside dans cette vanité qui n’est que du vent selon les mots de l’Ecclésiaste. Mais il n’est pas certain que cela ait été le but recherché…

Théâtre des Variétés, 7, Bd Montmartre, Paris IIe, du mardi au vendredi à 20 h, le samedi à 17 h 30 et 21 h, le dimanche à 16 h 30. Rés. : 01 42 33 09 92.    

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureArt et Patrimoine

Spectacles, Histoire et mémoire (2/4) : La mémoire en scène : un signe des temps ?

DOSSIER « Été 2026 : Le spectacle au service de l’Histoire et de la mémoire » | Si la notion de « spectacle historique » fait prendre à la science le prisme audacieux de l'art, il est intéressant de se pencher sur cette conjonction efficace. Pourquoi ce « braconnage », comme certains se plaisent à le considérer, a-t-il du succès ? Cherche-t-on à réenchanter le quotidien d'un creux émerveillement ou plutôt à comprendre un présent devenu vide ?

+

spectacle mémoire
À la uneCultureArt et Patrimoine

Spectacles, Histoire et mémoire (1/4) : La fièvre et la joie du spectacle

DOSSIER « Été 2026 : Le spectacle au service de l’Histoire et de la mémoire » | Faire du beau et le partager. Tel est le mot d'ordre de Bernard Lapeze-Charlier, jeune directeur artistique à la tête de plusieurs spectacles historiques. De l'écriture à la mise en scène, il se sert de l'Histoire, mais la sert aussi, joignant la dimension commémorative à la vision artistique. Entretien.

+

spectacle histoire