50 ans de résistance à l’avortement (3/3) : Combat contre l’avortement et transition postdémocratique

Publié le 03 Avr 2024
Combattre à temps et à contretemps en faveur de la vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle, est une urgence née des lois mortifères mises en place par un système politique qui, loin d’être neutre, a rompu dès ses origines avec les exigences de la loi naturelle. Dès lors, n’est-il pas nécessaire de finaliser ce combat particulier en l’insérant dans une perspective plus large ?

 

Toute controverse possède sa propre histoire et déroule sa propre logique, laquelle peut pourtant s’éloigner au fil des échanges de son point de départ initial. De quoi s’agit-il, ici, en l’occurrence ?

En 1975, la loi dépénalisant l’avortement est votée. Au fil du temps, non seulement le recours à l’avortement s’inscrit dans les mentalités et entre dans les mœurs, mais il prend très vite l’aspect d’un droit, lequel est d’ailleurs renforcé par le législateur qui interdit toutes formes d’entraves.

Parallèlement, un effort est constamment entrepris pour publiciser le recours à l’avortement et le présenter comme un droit. Au besoin, toute remise en question publique est attaquée par le biais de l’arsenal juridique à disposition, l’un des derniers cas en date étant l’action intentée contre Renaissance Catholique pour avoir publié des propos de prélats catholiques dénonçant l’avortement en s’appuyant sur le Catéchisme de l’Église catholique.

 

La preuve par CNews

L’un des derniers épisodes symboliques de ce feuilleton macabre est constitué par ce que l’on pourrait appeler la « preuve par CNews ». Chaîne du groupe Bolloré, CNews passe pour être ouverte à la droite. C’est ainsi que sur les questions de sécurité, d’immigration, de guerre en Ukraine, voire de climat, les avis sont divers et le ton est libre, à la grande satisfaction,visiblement, des téléspectateurs.

Seulement, le dimanche 25 février, notre excellent confrère Aymeric Pourbaix, animateur de l’émission « En quête d’esprit », passe à l’antenne une information présentant l’avortement comme la première cause de mortalité dans le monde. Or, au même moment, une enquête parlementaire vise la chaîne pour manquement au pluralisme. CNews se défend en invoquant la liberté d’expression. Aussitôt mise au banc des accusés à propos de l’avortement, la chaîne envoie deux de ses intervenantes vedettes (Laurence Ferrari et Christine Kelly) réaffirmer son attachement au droit à l’avortement.

 

Une preuve, plusieurs niveaux

La « preuve par CNews » est intéressante en ce…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Philippe Maxence

Philippe Maxence

Ce contenu pourrait vous intéresser

SociétéÉducation

Les Français plébiscitent le chèque scolaire

À l’approche des élections présidentielles, la Fondation pour l’école a rendu public un sondage Ifop sur les attentes des Français en matière d’organisation scolaire, de liberté de choix et d’accompagnement des familles. Son directeur, Michel Valadier, souligne l’importance de porter ces questions dans le débat public.

+

chèque scolaire fondation pour l'école
Société

Commentaires sur Internet : une avancée démocratique ?

Dans un ouvrage récent, l'essayiste Mara Goyet offre le décryptage d'une tendance contemporaine : commenter les produits, services et toutes sortes d'expériences de la vie quotidienne. S'agit-il d'une nouvelle forme de communication, du désir d'aider les autres, d'une volonté de puissance ou d'une thérapie ?

+

commentaire
SociétéBioéthique

Transgenrisme (3/4) : Soigner à la française les mineurs tourmentés

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | Christian Flavigny, pédopsychiatre français, a vu venir de loin ce mouvement d’embrasement de la théorie du Genre et s’attache, depuis 2012, à en contrer les ravages chez les mineurs. La manifestation de ce qu’on appelle « dysphorie de Genre », chez l’enfant, est un tourment auquel la psychologie, telle qu’elle est pratiquée en France, peut et doit apporter son aide.

+

transgenrisme genre mineur