Avortement : quand l’homme se veut créateur de lui-même

Publié le 20 Mar 2024
avortement créateur

La création d'Adam : créer c’est faire passer du non-être à l’existence.

Les débats sur la constitutionnalisation de l’avortement n’ont pas manqué se s’appuyer sur des sophismes, erreurs de raisonnement, généralisations et autres manipulations du langage. Le discours mensonger est indispensable pour déguiser un crime en un droit inaliénable… Aussi faut-il préalablement débusquer les vices de cette logique. 

  Le 24 janvier dernier, la liberté d’accès à l’avortement dans la Constitution a été adoptée par les députés français. On comprend bien que le but est de faire du « délit d’entrave » un crime contre la Constitution. Ainsi, les opposants à la pratique des avortements tombent dans un délit d’opinion dès lors qu’ils l’expriment à quelqu’un voulant ou ayant pratiqué un avortement. Pour le logicien, cette législation est d’une bêtise sans nom.  Tiens, « sans nom »   

Tu n’a pas de nom…

Si nos lecteurs ont suivi les différentes interventions de nos députés, ils ne sont sans doute pas passés à côté de celle de Sandrine Rousseau. Cette dernière a entrecoupé son propos de morceaux de la chanson « Non, non, tu n’as pas de nom » d’Anne Sylvestre (1974). Cette mélodie entonnée fébrilement par la députée donnait sa pensée philosophique sous-jacente. Pour le coup, nous avons bondi. Rationnellement rien ne va. Décomposons un peu. Sandrine Rousseau a commencé par reprendre ces paroles : « Non, tu n’as pas d’existence… » « Avoir une existence ». Cette formulation est profondément vide. On parle souvent, plutôt à gauche de notre échiquier politique notamment, de ne pas confondre « l’être » et « l’avoir ». Exister est de l’ordre de l’être. « Avoir l’existence » n’est qu’une périphrase absurde pour dire « exister ». La preuve, personne ne peut strictement nous « voler » – autrement dit devenir le possesseur – du fait que nous « soyons ». Au plus grave on peut nous aliéner, nous rendre esclave, nous faire cesser d’être, mais pas nous voler notre existence car elle n’est pas un « avoir ». « L’avoir » est un accident extrinsèque, extérieur à la substance qui possède. Autrement dit, on ne peut posséder que ce qui n’est pas substantiellement nous, comme des habits, une voiture etc. En toute rigueur, on ne peut même pas dire « mon corps ». Une preuve de cela est que lorsque « mon » corps souffre, c’est bien « moi » qui éprouve la douleur. Ainsi, nier l’existence d’une chose en disant qu’elle ne la possède pas (tout en s’adressant à elle) est soit une violence métaphysique très grande soit, et c’est notre avis, la preuve d’un manque cruel d’intelligence. Par ailleurs,…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

François-Marie Portes

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

Le masculinisme (4/4) : L’équilibre au masculin, entre droit et devoir

DOSSIER « Le masculin au risque de la postmodernité » | Sommes-nous face à une impasse, entre un féminisme toujours plus imposé et une génération masculine en proie à un questionnement intérieur, autant social que psychologique, toujours plus douloureux ? La foi catholique, universelle, qui n'est liée ni à une époque ni à un peuple, oriente vers une juste paix et fait régner, dans le service de Dieu et des autres, la plus mâle des vertus.

+

masculinisme
À la uneSociété

Le masculinisme (3/4) : Face à la sanctuarisation de la femme

DOSSIER « Le masculin au risque de la postmodernité » | Dans Le Soldat impossible, le philosophe Robert Redeker écrivait : « Le soldat a subi un sort semblable au prêtre catholique et au professeur, au fur et à mesure que la société ringardisait le premier sans oublier de rabaisser le second à la fonction d’animateur socioculturel chargé d'enseigner l’ignorance. »  Une décennie plus tard, on peut se demander si le Masculin ne pourrait pas subir le même sort.

+

masculinisme femme
À la uneSociétéÉducation

Le masculinisme (1/4) : Mythe ou réalité ?

DOSSIER « Le masculin au risque de la postmodernité » | Opinion ou idéologie, simple mythe ou dangereuse réalité, le masculinisme agite désormais la classe socio-politique et certains dénoncent « une idéologie structurée, organisée, offensive ». Mais il s'agit d'une nébuleuse bien plus complexe, où l'on peut apercevoir les racines du mal.

+

masculinisme
À la uneÉgliseSociété

Exorcismes : il est urgent d’informer les évêques et les séminaristes

Entretien | Le 13 mars dernier, le pape Léon XIV a reçu en audience privée les responsables de l’Association internationale des exorcistes (AIE). L’abbé Henri Forestier, exorciste du diocèse de Fréjus-Toulon, évoque leurs recommandations et leurs préoccupations, dans un monde en proie à un foisonnement de l’occultisme, mais aussi de scandales liés à des pratiques d’exorcisme malvenues voire nocives.

+

Exorcisme
ChroniquesCulture

Le chrétien et l’antisémitisme

Carte blanche à Yves Chiron | Olivier Delacrétaz, ancien président de la Ligue vaudoise et éditorialiste principal de La Nation, publie, aux Cahiers de la Renaissance vaudoise, un petit essai sur l'antisémitisme qui est à la fois sensé et pertinent. Il prévient d'emblée que son point de vue est « celui d'un chrétien ».

+

antisémitisme chrétiens juif