Carême : Souviens-toi, ô homme…

Publié le 11 Fév 2024
carême souviens-toi

© CC BY-SA 3.0, Claude Truong-Ngoc

Les cérémonies du Carême proche vont bientôt rappeler aux fidèles leur condition de pécheurs et de pénitents, pour les pousser à chercher le pardon dans la confiance dans le Seigneur, abri et refuge des chrétiens qui espèrent voir son salut.

  Dans quelques jours, la Sainte Église entrera dans un temps fort de l’année liturgique : le Carême. En effet, le mercredi 14 février ouvrira cette période de quarante jours – telle est l’étymologie du mot Carême – qui nous préparent à la « solennité des solennités », la Résurrection du Seigneur. Dans l’Église de Rome, cette préparation à Pâques dure quarante jours depuis la fin du IVe siècle et commençait alors un dimanche. Ce n’est qu’à l’époque du pape saint Grégoire († 604) qu’elle fut anticipée au mercredi précédent, afin de maintenir le nombre de quarante jours de jeûne puisque cette pratique ne convenait pas le dimanche. La liturgie du mercredi des Cendres garde des marques d’une pratique très ancienne : l’expulsion des pénitents. Après la messe de ce jour, la tête des fidèles coupables de fautes très graves était d’abord couverte de cendres. Puis on disait les psaumes de la pénitence (6, 31, 37, 50, 101, 129 et 142). Après une procession, l’évêque leur disait : « Voici que nous vous chassons de l’enceinte de l’Église, à cause de vos péchés et de vos crimes, comme Adam, le premier homme, fut chassé du paradis à cause de sa transgression. » Les pénitents publics ne revenaient à l’église que le Jeudi saint, pour recevoir le pardon solennel de leurs péchés.  Quand cette pratique tomba en désuétude, au XIe siècle, on étendit à tous les fidèles l’imposition des cendres avec la formule de la Genèse : « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » (3, 19). Depuis la réforme liturgique de 1970, on peut aussi dire la parole de Jésus inaugurant son ministère public : « Convertissez-vous et croyez à l’évangile » (Mc 1,1 5). Pour autant, la liturgie des Cendres n’est pas dénuée d’espérance, comme en témoignent les deux antiennes suivantes : « Changeons nos vêtements contre la cendre et le cilice ; jeûnons et pleurons devant le Seigneur, car notre Dieu est plein de miséricorde pour pardonner nos péchés » (Joël 2, 13 ; imposition des cendres) ; « Vous avez pitié de tout homme, Seigneur, et n’avez de haine pour aucun de ceux que vous avez créés ; vous oubliez les péchés des hommes qui font pénitence et vous leur pardonnez,…

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Pierre Julien

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