Catéchèse du Pape sur Nicodème : « Vous devez naître d’en-haut »

Publié le 26 Mar 2025
nicodème

Jésus et Nicodème, par Matthias Stom, v. 1640, (Hessisches Landesmuseum Darmstadt).

Le 19 mars, le Pape avait préparé une catéchèse sur Nicodème dans le cadre des audiences jubilaires « Jésus-Christ notre espérance » : II. La vie de Jésus. Les rencontres 1. Nicodème « Vous devez naître d’en-haut » (Jn 3,7b). Les audiences de la partie I portaient sur « L’enfance de Jésus ».

 

Toujours dans le cadre des audiences jubilaires sur le thème de l’espérance, le Pape aborde, lors de l’audience générale du 19 mars dernier, la vie publique du Christ, et plus précisément les rencontres que fit Jésus. Il y a en effet beaucoup à dire sur les rencontres de Jésus qui laissèrent toutes des marques profondes chez ceux qui en bénéficièrent, alors même qu’elles débouchèrent sur la tristesse, comme ce fut le cas du jeune homme riche.

Toutes, je dis bien, qu’elles fussent de nuit comme celle de Nicodème, fortuites comme celle de la Samaritaine, provoquées comme celle de la pécheresse repentie, suppliantes comme celle de l’aveugle Bartimée aux portes de Jéricho, ou par curiosité comme celle de Zachée, ou intimes comme celles des Apôtres appelés à le suivre, voire même fulgurantes et décisives comme celle du Bon Larron ou du centurion romain au Calvaire, sans oublier celle de Saul sur le chemin de Damas après la Résurrection du Christ.

Si ces rencontres avec Jésus n’apportèrent pas toujours l’espérance, aucune du moins ne laissa indifférent. Jésus n’est pas venu condamner, mais sauver. Laissons-le nous guider par la main. L’épisode de Nicodème montre qu’il est possible de sortir des ténèbres et de trouver le courage pour marcher à la suite du Christ en portant sa croix. Seul saint Jean parle de ce personnage et cela à trois reprises.

D’abord, ici-même (Jn 3, 1), lors de sa rencontre avec Jésus, puis quand il prit la défense de Jésus devant les grands prêtres (Jn 7, 50) et enfin lors de la sépulture de Jésus (Jn 19, 39). Le nom de Nicodème contient en grec une double racine : celle de vaincre (nikein) et celle de peuple, pays, ou district (démos).

Cela n’est pas fortuit, car en suivant Jésus, Nicodème orientera Israël vers la victoire définitive. Nicodème occupait une position certainement importante. Pharisien, il était cependant loyal et ouvert, juste et docile, ne se fermant pas à la vérité ni à la lumière quand elles se manifestent. Cependant, ne voulant pas se compromettre, rempli qu’il était de respect humain, il vint à Jésus de nuit, de peur d’être vu ; mais il vint quand même, car il voyait dans les signes accomplis par Jésus l’origine divine de sa mission.

De fait, si la nuit protège l’anonymat, elle offre en même temps le silence pour entrer dans le mystère. Mais on notera que Nicodème ne vient pas seulement de nuit. Il vient de la nuit, et il cherche à fuir les ténèbres pour parvenir à la lumière. Pour croire en effet, il faut toujours être dans les dispositions voulues.

La différence avec d’autres pharisiens durs est considérable : Nicodème n’est ni aveuglé, ni endurci. Si son cœur n’est pas entièrement pur, il a du moins subi déjà un début de conversion. Dans une disposition d’ouverture évidente, il recherche vraiment la lumière, et pas seulement par simple curiosité intellectuelle, et il la trouvera, puisqu’à la fin de l’Évangile nous le voyons porter le corps de Jésus au tombeau, avec Joseph d’Arimathie.

Même si ses dispositions demeurent encore imparfaites, comme on peut le voir par une certaine autosuffisance – « Nous savons que tu es maître en Israël » –, il fut néanmoins éclairé par Jésus qui ne regarda que la bonne volonté qui pouvait l’animer. Mais Jésus, comme il le fit avec la Cananéenne, et comme il le fera avec la Samaritaine démasque abruptement la « science imparfaite » de Nicodème, en lui montrant noir sur blanc qu’il prétend savoir, alors qu’il ignore l’essentiel.

Nicodème vint donc de nuit et il pose à Jésus la même question qu’avait posée Marie à l’Ange Gabriel : Comment ? 

De Nicodème et plus encore de Marie, apprenons à regarder Jésus qui a vaincu la mort et le péché, racines de toutes nos peurs. Laissons-nous rencontrer par Jésus, pour ne pas retourner tristes chez nous, mais pour affronter les changements que nous imposera cette rencontre avec lui. Alors, et alors seulement, nous pourrons devenir des hommes nouveaux.

 

>> à lire également : Le combat pour la vie sauvera l’humanité

 

Un moine de Triors

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