Politologue et spécialiste de l’islam, Gilles Kepel a relié à pied Notre-Dame du Puy à Saint-Gilles-du-Gard (30) et livre dans un ouvrage personnel le récit de son périple et des réflexions que celui-ci a fait naître. Un pèlerinage plus historique et sociologique que religieux.
Entre le 15 août et le 1er septembre 2024, Gilles Kepel a cheminé entre Notre-Dame du Puy et Saint-Gilles-du-Gard, en pèlerin vers la tombe de son saint patron. Mais le grand spécialiste de l’islamisme politique et du djihadisme, quoique baptisé à l’âge de 3 ans, est athée. Son pèlerinage a donc été plus historique et sociologique que spirituel, même s’il avait une motivation très personnelle. En effet, il allait être officiellement radié des cadres de l’Université le 1er septembre 2024, l’École normale supérieure (ENS) ayant décidé de supprimer la chaire d’enseignement qu’il occupait depuis de nombreuses années. Il estime que ce sont ses critiques du « wokisme » et de l’ « islamo-gauchisme » qui ont causé son exclusion de l’Université.
Vers Saint-Gilles

Gilles Kepel, un pèlerin pas comme les autres. © Chatham House, CC BY 2.0,
Du Velay à la Camargue
Gilles Kepel (d’origine tchèque et non d’origine juive comme le croient certains), fils de communiste, est donc devenu « gillot » (pèlerin de Saint-Gilles) pendant deux semaines de l’été 2024. Il est parti du Puy-en-Velay, « après les cérémonies de l’Assomption au 15 août célébrées dans la cathédrale dédiée à la Vierge noire, pour parvenir à…







