Chrétiens en France : une inquiétante violence dans l’indifférence générale

Publié le 27 Fév 2025
nice chrétiens

© Teresa Grau Ros

Le procès de l’attentat de Nice vient de de clore dans un contexte de plus en plus antichrétien, caractérisé par des actes de violence contre des fidèles, des religieux et des édifices, partout en Europe mais particulièrement en France.

  Ce 26 février, la cour d’assises spéciale de Paris a condamné Brahim Aouissaoui à une peine de réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté incompressible, soit la perpétuité réelle. Il est l’auteur de l’attentat survenu le 29 octobre 2020 en la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice. Armé d’un couteau, il avait sauvagement assassiné trois fidèles : Nadine Devillers, Vincent Loquès, sacristain, et Simone Barreto Silva. Blessé par les forces de l’ordre lors de son interpellation, il comparaît pour assassinats à caractère terroriste. Fait exceptionnel, l’Église de France, par l’intermédiaire de la Conférence des Évêques de France (CEF) et du diocèse de Nice, s’est constituée partie civile. Une première dans l’histoire judiciaire française, témoignant de la volonté de faire reconnaître la dimension religieuse de l’attentat. Pour Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, cette démarche vise à affirmer la solidarité de l’Église avec les victimes et à obtenir la reconnaissance de la motivation anti-chrétienne de l’attaque. Dès le premier jour du procès, Brahim Aouissaoui a reconnu les faits tout en affirmant ne se souvenir de rien. Face aux familles des victimes et à la cour, il a alternativement admis sa responsabilité et déclaré ne pas comprendre comment il avait pu passer à l’acte. Une posture qui interroge sur sa stratégie de défense. Maître Philippe Soussi, avocat de l’une des familles, a insisté sur leur douleur : « Elles ont droit à cette colère. Elles veulent la vérité et la justice. »

Un contexte de plus en plus violent

Ce procès s’ouvre dans un contexte alarmant pour les chrétiens en France. Le samedi 22 février, un prêtre de 70 ans a été violemment agressé devant l’église Saint-Eusèbe à Auxerre. Alors qu’il ouvrait les portes de son église, deux individus l’ont insulté avant de le frapper au visage. Légèrement blessé mais en état de choc, il a été pris en charge par les secours. Si les motivations des agresseurs restent incertaines, les insultes proférées laissent peu de doute sur la nature antireligieuse de l’attaque. Selon le ministère de l’Intérieur, près de 1 000 actes anti-chrétiens ont été recensés en 2023, une augmentation qui s’inscrit dans une tendance plus large en Europe. L’Observatoire sur…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marie Etcheverry 

Ce contenu pourrait vous intéresser

ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Offertoire Deus tu convértens (2e dimanche de l’Avent)

Le psaume 84 qui fournit le texte de notre offertoire est daté du retour de l’exil. Le Peuple de Dieu vient de rentrer à Jérusalem mais sa situation est encore très précaire, et il implore le secours du Seigneur. Le compositeur a retenu deux versets de ce psaume qui s’appliquent particulièrement à la période liturgique de l’Avent. Cet offertoire apparaît musicalement comme une grande et longue supplique. C’est visible sur la partition : on voit très clairement l’omniprésence de la dominante Do, à l’aigu de ce 3e mode qui ne monte guère plus haut, à quelques reprises et seulement en passant sur le Ré.

+

grégorien noël glória avent
ÉgliseÉglise de France

Le curé (5/5) | Le coaching peut-il être au service de la mission ?

DOSSIER « Réforme des paroisses : que devient le curé ? » | Les méthodes de l’entreprise et du management ainsi que le coaching pénètrent aujourd’hui au sein de la pastorale afin de remédier aux échecs répétés des décennies passées. Dans un livre récemment paru, dom Ludovic Lécuru (osb) plaide ainsi fortement pour l’insertion des techniques de coaching dans l’Église.

+

curé mission coaching