Cinq doigts = 5 ingrédients pour se relever

Publié le 08 Fév 2023

Lors de sa rencontre avec les jeunes et catéchistes de Kinshasa (Congo), le 2 février 2023, le pape François a utilisé l’image des cinq doigts de la main pour sortir de l’ornière.

Le Pape vient d’accomplir un voyage important au Congo, dans ce continent africain si plein de promesses pour l’avenir et en même temps si rempli d’inquiétudes, en raison des guerres et des haines tribales, mais aussi de l’argent qui corrompt tout, y compris le clergé, sans oublier l’intempérance qui est une source de graves tentations pour les prêtres africains, pour qui le célibat n’est pas facile. Quant à la question de la pédophilie, elle est pratiquement inexistante sur ce continent, comme l’avait fait remarquer le cardinal Sarah. Ajouté à cela un Islam conquérant et persécuteur et l’on voit combien la décolonisation ne s’est pas faite, non seulement sans difficultés, mais encore sans graves conséquences pour l’avenir du continent.

On comprend alors pourquoi, en prenant l’image de la main, le Pape a invité les jeunes du Congo à se ressourcer dans une prière fidèle, confiante et persévérante. La main semble petite et faible et bien inadapté aux grandes tâches que Dieu a assignées à l’homme, en lui demandant de se soumettre la terre. Comme les personnes, toutes les mains se ressemblent sans être pourtant identiques. Chacun est donc devant le Seigneur une richesse unique. Aucun ne peut être remplacé dans l’histoire. Chacun a sa mission divine (ou sa contre mission, s’il refuse de coopérer à la grâce). Les mains dans le plan créateur servent à construire et à donner, mais elles peuvent aussi détruire et amasser. On peut, en ouvrant la main se rendre disponible à autrui. On peut au contraire en fermant la main, se replier sur soi, voir tuer son frère comme le fit Caïn.

Grâce aux cinq doigts de la main, le Pape propose cinq ingrédients pour sortir de l’ornière, dans laquelle on se trouve bien souvent après avoir cédé au démon. Au pouce correspond la prière qui est l’ingrédient fondamental, sans laquelle l’Afrique pas plus que nous-mêmes ne pourrons résoudre les difficultés qui se présentent ni surmonter les tentations. La prière est semblable à un arbre, lequel ne pousse pas tout seul. Il lui faut de l’eau non polluée. Il lui faut aussi l’oxygène. Pour le Pape, la prière est l’eau de l’âme. Celui qui prie s’élève vers le Ciel, comme un grand arbre. Et l’image de l’arbre, présente dans la Bible depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse, nous apprend à nous élever vers le Ciel précisément grâce à la prière.

Le deuxième doigt est l’index, celui qui montre. Il nous rappelle le danger d’exclure l’autre, par des préjugés nés d’étiquettes que l’on a mises sur le dos du prochain et qu’il ne pourra jamais enlever. Le doigt central, qui s’élève au-dessus des autres, symbolise l’honnêteté. Le Pape lance alors un appel pour vaincre le cancer de la corruption. Le quatrième doigt, l’annulaire, symbolise par excellence l’Alliance. C’est en un sens le doigt le plus faible, comme pour nous rappeler que les grands objectifs de la vie passent par des fragilités et réclament un dur combat pour aller jusqu’au bout. Ce combat rempli de difficultés peut être gagné avec la grâce, mais nous devons nous munir de patience et aussi de confiance, sachant que nous ne le remporterons jamais sans le pardon, qui est capital et nécessaire pour la transformation du monde. Le dernier doigt, le plus petit, est le symbole de l’humilité, sans laquelle nous ne pourrons jamais parvenir au but. Et l’humilité s’associe toujours au service. Celui qui sert sait se faire petit. Il sait disparaître aux yeux des hommes, pour attirer Dieu et porter ainsi du fruit, après avoir consenti à disparaître dans l’humus de l’humilité. Souvenons-nous toujours que c’est parce que Marie a été petite qu’elle a plu au Seigneur.

Un moine de Triors

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