Avec saint Pierre et les dix lépreux, les textes liturgiques de ce temps reprennent la confession de foi affirmant la divinité de Jésus. Mais la gratitude d’un seul lépreux rappelle que, pour être sauvé par la foi, la reconnaissance envers Dieu est indispensable. En ce dimanche du temps dit « ordinaire », les évangiles du rite romain ont en commun de mettre en avant la vertu de foi. Dans le Missel romain de 1970, on lit la confession de saint Pierre à Césarée (Mt 16, 13-20). À Jésus qui interroge ses disciples sur ce que les gens disent de lui, saint Pierre confesse : « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant ! » (v. 16) Ce passage est employé pour les fêtes du Prince des Apôtres : celle du 29 juin, bien sûr, mais aussi la Chaire de saint Pierre (22 février), ainsi qu’au Commun des saints Papes. Saint Hilaire de Poitiers (†367) dit, de la question de Jésus : « Le Seigneur s’informa près de ses disciples de ce que les hommes disaient qu’il était, lui, qui s’appelait lui-même le Fils de l’homme. La raison de cette profession de foi est que nous nous souvenions de lui comme Fils de Dieu aussi bien que Fils de l’homme ; parce que l’appeler séparément de l’un ou l’autre titre ne nous donne aucune espérance de salut » (BR 1568, 18 janvier). Selon saint Léon le Grand († 461), « dans toute l’Église, Pierre répète chaque jour : “Tu es le Christ, Fils du Dieu vivant” ; et toute voix qui confesse le Seigneur est empreinte du magistère de cette voix. Cette foi triomphe du démon et rompt les liens de ses captifs. Elle introduit au ciel ceux qui ont été arrachés au monde » (BR 1961, Commun des Papes). Ce grand pape développe ainsi la réponse de Jésus : « De même que mon Père t’a manifesté ma divinité, ainsi je te fais connaître ta supériorité. “Je te dis : tu es Pierre”, c’est-à-dire : je suis moi-même la pierre inébranlable, la pierre angulaire qui, de deux peuples n’a fait qu’un, fondement tel que nul n’en peut poser d’autre. Mais toi aussi, tu es une pierre, car tu es affermi par ma force au point que ce qui est propre à ma puissance te soit communiqué par participation » (BR 1961, 22 février). Et il ajoute : « Sur cette base solide, je bâtirai un temple éternel ; et la hauteur de mon Église, telle qu’elle pénétrera jusqu’au ciel,…
La pause liturgique : Offertoire Benedicite gentes (dimanches après Pâques)
Le texte de cet offertoire unit trois versets (8, 9 et 20) du beau psaume 65 (66 selon l’hébreu) qui est tout entier un chant de louange, une invitation universelle à célébrer le Créateur et le Rédempteur de son peuple. C’est un 2ᵉ mode, relativement long, très calme, très serein, qui court un peu le risque de la monotonie si on ne prend pas soin de mettre en valeur les quelques saillies mélodiques.







