Du statut de l’embryon

Publié le 11 Oct 2012
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« Notre pays est très en retard sur les lois de bioéthique », déplore Catherine Lemorton, présidente PS de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale et fermement décidée à faire lever l’interdiction de recherches sur l’embryon. La commission en question a ainsi voté le 3 octobre dernier, à l’unanimité moins une abstention, une « proposition de loi tendant à modifier la loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique en autorisant sous certaines conditions la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires ». Une première étape de la procédure, avant le débat en séance publique prévu pour le lundi 15 octobre.

« Les lois de bioéthique ont fait l’objet de longues discussions et de larges débats démocratiques. Il avait été décidé de les réviser dans sept ans. Passer en force comme cela revient à nier le débat démocratique qui a eu lieu et qui a abouti à un compromis équilibré, entre interdiction et dérogations au coup par coup », remarque Philippe Juvin, secrétaire national de l’UMP. Qu’ont les parlementaires à faire de l’obligation légale qu’a l’Etat d’organiser des Etats-généraux avant toute modification des lois bioéthiques ?

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Les lois bioéthiques encore en vigueur se fondent sur l’interdit de la recherche sur l’embryon et les cellules embryonnaires, quoique des dérogations aient été accordées. A l’inverse, le projet de loi fera de cet interdit une exception. Recherche oblige… Et tant pis pour l’article 16 du Code civil qui stipule que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie ».

Les cellules souches, prélevées dans le sang de cordon ombilical (dites cellules IPS), ou obtenues en reprogrammant des cellules adultes ont permis des résulats tout aussi probants que les cellules souches embryonnaires mais l’idéologie prime.

En 1994, la recherche aboutissant à la destruction d’embryon avait été interdite mais les années passent et la machine infernale est en route. Aujourd’hui, des centaines d’embryons sont congelés, conçus in vitro en grand nombre pour l’Assitance Médicale à la Procréation (AMP). Qu’en faire puisqu’ils ne font plus l’objet d’un projet parental ? Les lois bioéthiques de 2002 interdisaient la création d’embryons humains à des fins de recherche mais permettaient d’utiliser ceux qui ne faisaient plus l’objet d’un projet parental.

Il fallait bien trouver que faire de ces bébés congelés, la recherche s’en chargera donc et les couples homosexuels, s’ils ont droit d’adopter, trouveront dans les congélateurs des laboratoires, des banques de bébés dans lesquelles ils pourront très certainement se servir moyennant finance. La procréation médicalement assistée étant réservée aux couples stériles, nul doute que lorsque un homme et un homme pourront prétendre officiellement à ce statut de couple et qu’ils auront fait admettre, par un sophisme efficace, qu’ils sont stériles (alors que la stérilité est l’impossibilité pathologique pour un individu de produire des gamètes, et non l’incompatibilité de deux êtres à procréer en raison de leur nature !), l’Etat se chargera de les aider…

Après l’argument aussi usé que spécieux : « Il vaut mieux un enfant élevé par des homosexuels qui s’aiment que par un couple hétérosexuel qui se déchire », nous entendrons certainement : « Il vaut mieux un enfant élevé par un couple homosexuel que croupissant dans un congélateur ».

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