Équateur : À Alausí, les Oblates de Saint-François de Sales viennent en aide aux habitants sinistrés

Publié le 12 Jan 2024
alausí

© CC BY-SA 3.0 / Jen

La ville d’Alausí, en Équateur, a subi un important glissement de terrain le 26 mars dernier. Près d’un an après, la reprise d’une vie ordinaire reste difficile en raison du manque d’aide étatique. Sur place, les Oblates de Saint-François de Sales sont restées pour aider de leur mieux.

 

Au cœur de la ville montagneuse d’Alausí, en Équateur, les Sœurs Oblates de Saint-François de Sales dirigent une école qui a été profondément touchée par un glissement de terrain survenu le 26 mars. Depuis cet événement tragique, Sœur Klara-Maria Falzberger, Autrichienne et membre de cet ordre, se rend fréquemment à Alausí pour apporter des produits de première nécessité et donner de l’espérance. 

Le voyage de Sœur Klara-Maria commence tôt le matin, à 4h30, depuis Quito, où elle réside depuis 1997. Son pick-up est chargé de denrées alimentaires, de couvertures et d’autres produits essentiels nécessaires aux personnes touchées par le glissement de terrain. La distance jusqu’à Alausí, située à 400 km de la capitale, nécessite huit heures de trajet. Ce périple, qui aurait pris cinq heures auparavant, a été rallongé en raison du glissement de terrain qui a frappé cette ville où les Sœurs Oblates de Saint-François de Sales dirigent une école. 

 

Rester pour soutenir les habitants

La tragédie a frappé Alausí de manière soudaine. Sœur Klara-Maria partage le témoignage d’un professeur de l’école de Quito dont les parents résident à Alausí : « La montagne s’est effondrée et je ne sais pas ce qui est arrivé à ma famille ». Les Sœurs Oblates à Alausí ont décrit la situation chaotique avec un tremblement de terre, une coupure de courant, des gens dans les rues criant, et un nuage de poussière.  

Partir n’était pas une option pour les Oblates. Immédiatement après le glissement de terrain, cinq religieuses sont restées à Alausí pour prendre soin des habitants. Bien que l’école n’ait pas été initialement habitable, elles ont déménagé temporairement dans la ville de Sibambe, située à environ 30 kilomètres. Cependant, la fermeture définitive de l’école n’a jamais été envisagée, car les habitants ont expressément demandé que les religieuses restent avec eux malgré le danger persistant. 

 

Un difficile retour à la vie quotidienne

La vie quotidienne reprend lentement à Alausí, bien que de nombreuses familles soient toujours sans abri. La population locale a pris l’initiative de reconstruire le village, stabilisant les zones touchées en attendant l’aide du gouvernement. Cependant, les secours d’urgence ont été suspendus par le gouvernement équatorien fin juin, incitant la communauté à prendre des mesures indépendantes pour se reconstruire. 

Les religieuses ont joué un rôle crucial en restant auprès des habitants d’Alausí pour les soutenir. Sœur Klara-Maria note que, bien que les familles évitent souvent de discuter de la tragédie, il existe une forme d’indifférence presque inhumaine qui a remplacé le désespoir initial. Les religieuses fournissent un soutien humain en écoutant et en offrant une présence réconfortante. 

La reconstruction de la vie quotidienne à Alausí est une priorité pour les Oblates. Initialement, les cours étaient dispensés virtuellement, mais les religieuses ont rapidement cherché à rétablir une certaine normalité. Elles ont pris contact avec tous les élèves, s’informant de leur santé, de leur domicile et de leurs pertes éventuelles. Les enfants, particulièrement affectés, ont besoin de distractions et de soutien pour reprendre une vie normale malgré les pertes tragiques. 

Trois mois après le glissement de terrain, les travaux de récupération ont été interrompus, avec 65 victimes récupérées jusqu’à présent. Cependant, au moins dix personnes resteront ensevelies à jamais, sous les 40 mètres de terre recouvrant Nuevo-Alausí. Malgré l’évacuation initiale de certains habitants, beaucoup sont retournés dans l’espoir de reconstruire leur vie dans leur communauté d’origine. 

Malgré les défis, un sentiment d’espoir émerge à Alausí. La solidarité de la population et le soutien des Oblates ont redonné de l’énergie à la ville meurtrie. Les lettres d’encouragement des élèves d’autres écoles et les collectes de fonds organisées par les Sœurs ont apporté un réconfort précieux. Sœur Klara-Maria insiste sur l’importance de l’entraide dans ces moments difficiles, soulignant que la solidarité illumine les vies de ceux qui pensent avoir tout perdu. La reconstruction continue à Alausí, portée par l’espoir et la force communautaire. 

 

>> à lire également : Cheminer vers le Salut avec la petite fille Espérance 

Solène Grange

Ce contenu pourrait vous intéresser

International

Attaque surprise au Mali

Le 25 avril, des attaques d’islamistes et d’indépendantistes touaregs ont éclaté au Mali contre les villes de Bamako, la capitale, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Ces offensives sont remarquables autant par leur simultanéité que par la distance qui les sépare. De toute évidence, il ne s’agit pas tant d’une prise de contrôle du pays — la faiblesse des effectifs ne le permettant pas — que d’une démonstration de capacité de nuisance.

+

mali
International

Washington face à Pékin

Quand Israël et les États-Unis bombardaient l’Iran, Pékin n’a pas réagit. Jusqu’à ce que Trump annonce fermer le détroit d’Ormuz, et bloquer la circulation du pétrole, mettant en danger l’économie chinoise. Pourquoi cette prudence de la Chine ?

+

pékin chine
International

La démocratie peut-elle être illibérale ? Le cas hongrois

Le 12 avril dernier, la Hongrie, dirigée par Viktor Orbán depuis 16 ans, a connu une transition politique avec la victoire de Péter Magyar et de son parti Tisza. Au-delà de ces turbulences électorales, la question que soulève la défaite d’Orbán est de déterminer si une démocratie non libérale est aujourd’hui viable dans le temps.

+

démocratie illibérale Hongrie orban
International

L’autre front israélien : le Liban

Au lendemain de la mort, par attaque israélienne, de l’ayatollah Khamenei, le Hezbollah a répliqué contre Israël, engageant le Liban dans le conflit, et provoquant des bombardements contre les villages libanais.

+

liban israël
International

L’autre guerre : Kaboul contre Islamabad

Avant le début de la guerre contre l’Iran, l’Afghanistan s’attaquait aux postes-frontières pakistanais. La frontière entre les deux pays, héritière de la ligne Durand, est régulièrement le théâtre de troubles, nourris par des ambitions ethniques et politiques.

+

pakistan Kaboul guerre