Les Missions étrangères de Paris proposent une exposition originale, à partir de leurs collections conservées à l’Institut de Recherche France-Asie (Irfa) et de fonds privés, mettant en regard des représentations de la Vierge Marie et de la figure du bodhisattva Guanyin, déesse bouddhiste. Jusqu’au 25 avril.
Aux Missions étrangères de Paris, une exposition originale confronte des représentations de la Vierge Marie et de Guanyin, déesse de la compassion dans le bouddhisme chinois, qui devient la déesse Kannon au Japon.
Les sculptures et les photographies proposées au regard des visiteurs témoignent de la foi des missionnaires européens qui, à travers le temps, ont fait connaître la figure de la Vierge Marie dans ces contrées d’Extrême-Orient, souvent au péril de leur propre vie, puis de celles de ceux qui se sont convertis.
Cette présentation interroge sur la manière dont « les chrétiens d’Asie ont reçu cette “maman de Jésus” venue de ce lointain Ouest », précise le père Antoine de Monjour, ajoutant « qu’elle fut très bien accueillie par ceux qui devenaient disciples de Jésus-Christ, mais aussi par des non-chrétiens ou sympathisants (…) ainsi Maria-Kannon (à ChiChiBu au Japon), sculpté par un chrétien japonais au temps des persécutions où elle fut vénérée comme Ji-Bo Kannon, la “déesse de la compassion” par les fidèles bouddhistes et comme notre “Mère du Ciel” par les catholiques… jusqu’à aujourd’hui ! »
Le parcours met en regard des statues de la Vierge Marie et du bodhisattva Guannyan provenant des collections des MEP et de fonds privés. On y découvre les influences des réalisations occidentales qui se mêlent aux traditions locales, ainsi les Guanyin à l’enfant qui se rapprochent fortement des Vierges à l’Enfant, les premières étant assises alors que les secondes se tiennent debout. Celles de la période Kangxi en porcelaine blanche mêlent des influences chinoises et européennes, dans les vêtements et les coiffures.
D’autres statues féminines au Japon portent un panier comportant un poisson. Cette divinité protectrice des poissons et des marins est adoptée par les chrétiens cachés au Japon, pendant les périodes de persécutions, le poisson étant symbole chrétien.
Le culte marial en Corée et au Vietnam est aussi illustré par des Vierges à l’Enfant en bois ou en terre cuite.
Une touchante exposition rappelant l’universalité du message chrétien.
Du 13 février au 25 avril 2026.
Missions étrangères de Paris
128 rue du Bac,
75007 Paris.
Du mardi au samedi, de 10 h à 18 h.
Entrée libre.
>> à lire également : Quo vadis, Humanitas ? : retrouver une unité de corps et d’âme







