Face aux tentations du diable, regarder Jésus

Face aux tentations du diable

Pour ce premier dimanche de Carême, le Pape, lors de l’Angélus du 6 mars, donne des conseils pour combattre le diable.

Traditionnellement, le premier dimanche de Carême nous offre comme évangile, le récit de la tentation de Jésus par le diable. Dans la forme extraordinaire, c’est toujours le récit selon saint Matthieu, mais dans la forme ordinaire, l’Église nous fait lire tour à tour les trois synoptiques. Cette année, c’est la version de saint Luc qui diverge sur deux points de celle de saint Matthieu. D’abord il précise qu’au désert Jésus était rempli de l’Esprit Saint. Ensuite et surtout, centrant son Évangile sur Jérusalem, il inverse les deuxième et troisième tentations.

Nous savons que le Pape parle beaucoup du diable et cela dès le premier jour de son pontificat quand il affirmait aux cardinaux, en citant Léon Bloy : « Celui qui n’évangélise pas la Croix du Christ évangélise le diable ». C’est heureux, car notre pauvre monde semble avoir oublié son existence, comme celle de Dieu du reste, les deux allant de pair. À l’inverse, il en est qui voient le diable partout. Ce n’est pas le cas du Pape même s’il en parle beaucoup. À tout prendre il vaut mieux ce second excès que le premier. Mais l’homme contemporain fait tout son possible pour bannir de la conscience générale l’existence de ces « puissances du monde des ténèbres », dont parle l’Épître aux Éphésiens. Pourtant, il est une des périodes de l’histoire durant lesquelles cette vérité de la foi chrétienne trouve sa force d’expression entière en une confirmation brutale.

Le Pape nous donne des conseils très utiles pour combattre le démon. En aucun cas, il ne faut lui parler et entrer en dialogue avec lui, comme le fit malheureusement Ève. Jésus lui-même ne le fait pas. Souvenons-nous toujours que le diable est beaucoup plus malin et astucieux que nous. Il se présente souvent à nous avec des yeux doux, et un visage angélique, « se déguisant en ange de lumière », comme le dit saint Pierre. N’oublions jamais que le diable s’appelle Lucifer, « celui qui porte la lumière ». Le diable sait se déguiser sous des motifs sacrés, même apparemment religieux ! En cédant à ses flatteries suggestives, on finit par justifier nos mensonges, en les masquant de bonnes intentions. Décidément, il ne faut dialoguer d’aucune façon avec le diable. Le Pape a des paroles fortes à ce sujet : « S’il vous plaît pas de compromis avec le mal. Il ne faut pas tomber dans ce sommeil de la conscience qui nous fait dire : Mais au fond, ce n’est pas grave, tout le monde fait ça ! » Cette lecture du récit de la tentation doit beaucoup nous aider. D’abord, nous devons toujours fuir les occasions de péchés. Mais si le diable insiste, regardons toujours Jésus, lequel dans ce récit, ne cherche aucun accommodement et ne conclut aucun accord avec le mal. Au diable, Jésus oppose la seule Parole de Dieu, qui est plus forte que le diable, et ainsi il vainc les tentations. Le diable approcha du Rédempteur; mais tous ses efforts ne tournèrent qu’à sa confusion. Avec une simplicité et une majesté divino humaine, Jésus repousse toutes ses attaques, sans révéler pour autant sa céleste origine. L’ange pervers se retire sans avoir pu reconnaître autre chose en Jésus qu’un prophète fidèle au Seigneur.

La Providence permit que l’esprit du mal souilla de sa présence la retraite de l’Homme Dieu, sans jamais pourtant le faire chuter. Grande leçon pour nous. Jésus repoussa les trois concupiscences dont parle saint Jean : celle de la chair (amour des sens convoitant ce qui flatte) ; concupiscence des yeux (amour des biens de ce monde) et l’orgueil de la vie. Puisse l’Immaculée nous accompagner sains et saufs dans ce désert quadragésimal !

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