Fin de règne à Rome : les échecs d’un pontificat ?

Publié le 06 Jan 2024
pontificat pape François
Âgé de 87 ans, le pape François a probablement peu de temps devant lui pour de nouvelles réformes et la plupart de celles qu’il a entreprises lors de son pontificat ont rencontré des résistances parfois inattendues, tout en décevant les conservateurs comme les progressistes. A-t-il toutefois enclenché une dynamique irréversible ? Analyse par Roberto de Mattei*.

  Le pontificat du pape François atteint son chapitre final, mais il est difficile de tenter un bilan avant sa conclusion. La caractéristique de l’époque bergoglienne est en effet l’imprévisibilité, et les rebondissements sont possibles jusqu’au bout. L’imprévisibilité vient avant tout de la personnalité du pape François. Il est difficile de comprendre dans quelle mesure les nombreuses contradictions de son comportement proviennent d’un état psychologique qui modifie les pensées et les sentiments de son esprit ou d’une formation culturelle qui fait de la dialectique l’âme de la réalité. Mais l’imprévisibilité découle également du cours des événements de la dernière décennie, dépourvus de linéarité historique et de plus en plus complexes et confus.  

Le soutien des Américains

Jorge Mario Bergoglio, par exemple, n’a pas réussi au conclave de 2005 parce qu’il n’avait pas reçu le soutien du cardinal Carlo Maria Martini, son frère et chef de la « mafia saint-galloise ». En 2013, il a cependant été élu au trône papal grâce au vote décisif des cardinaux américains. Qui aurait pensé que dix ans plus tard, l’opposition la plus décisive au pape François se manifesterait précisément dans l’épiscopat américain ? Les réformes internes de l’Église étaient souhaitées aussi bien par les conservateurs que par les progressistes et le cardinal Bergoglio se présentait comme un candidat « spirituel », capable de mettre en œuvre cette réforme. Qui aurait imaginé que le pape François serait le plus « politique » des papes du siècle dernier ?, et que ses réformes auraient échoué de façon spectaculaire ? La nomination du cardinal australien George Pell comme premier préfet du Secrétariat à l’Économie, le 24 février 2014, a semblé une garantie aux conservateurs, qui se sont toutefois rendu compte que les réformes prenaient du temps et que les malentendus doctrinaux et pastoraux se multipliaient, notamment après l’exhortation apostolique Amoris Lætitia du 19 mars 2016. Quatre cardinaux éminents (Walter Brandmüller, Raymond Leo Burke, Carlo Caffarra, Joachim Meisner) ont présenté cinq dubia à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le 16 septembre 2016. Il était peut-être prévisible…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Roberto de Mattei

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Sanctus 16 (semaine du temps ordinaire)

Le Sanctus 16 est un des plus simples de toute la série. Il est daté du XIIIᵉ siècle et serait probablement d’origine anglo-saxonne. Il se présente comme une légère amplification d’une déclamation, et son caractère assez syllabique le range parmi les Sanctus les plus faciles à mémoriser et donc à chanter pour une foule. Il s’agit d’un 2ᵉ mode à l'ambitus assez restreint.

+

SANCTUS
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Kyrie 16 (jours ordinaires)

Le Kyrie 16 est le plus bref puisqu’il tient sur deux lignes de portée à peine. Il est daté des XIe-XIIIe siècles, mais il remonte sans aucun doute beaucoup plus haut et sa modalité est très archaïque. Il est marqué en 3ème mode et suit un schéma extrêmement simple : abaa’.

+

kyrie