Formation Polis : former les jeunes catholiques pour la Cité

Publié le 16 Mai 2024
polis
La formation Polis a été fondée dans le but de former les jeunes professionnels et étudiants à la chose politique. Elle propose, sur des cycles de deux ans, des réunions régulières ainsi que des week-end et sessions. Entretien avec Laurent de Capellis, membre fondateur de la formation Polis et un des auteurs du livre Les catholiques peuvent-ils encore agir en politique ? (L’Homme Nouveau, 2019).

 

| Que comprend la formation Polis ?  

La formation Polis propose aux étudiants et jeunes professionnelles un cycle unique de formation à la chose politique. Elle démarre par une session d’été et se déroule sur deux ans avec deux réunions par mois et plusieurs week-end d’approfondissement. Son format est pluridisciplinaire : la formation touche à la fois à la philosophie, à la théologie politique, à la sociologie, à l’histoire politique mais également à la théorie de l’action. La formation nécessite une certaine motivation car elle exige persévérance et rigueur. L’objectif est de se former pour pouvoir ensuite agir.  

 

| Pourquoi avoir créé la formation Polis ?  

Les initiateurs de cette formation ont beaucoup reçu et ont été mus par le désir de transmettre. Il s’agissait donc de synthétiser des analyses, des travaux qui ont été faits par le passé, afin de les présenter sous une forme pédagogique. L’objectif premier est la transmission. Nous sommes animés par la forte conviction que pour agir dans la Cité il est nécessaire de se former, au risque de s’épuiser en vain. Ce type de formation permet de se préparer à l’action en identifiant les objectifs ultimes et en comprenant dans quel environnement on s’insère mais aussi en profitant de l’expérience des générations passées qui ont connu les mêmes difficultés dans des contextes différents.  

 

| Comment la formation s’organise-t-elle et quelles sont les différentes thématiques qui y sont abordées ?  

Les conférences sont suivies de travaux dirigés pour permettre aux jeunes de bien intégrer les notions qui sont acquises afin de les mettre en perspective. C’est souvent une analyse de texte ou un extrait de livre qui permet de se confronter à une pensée extérieure et d’interagir avec elle. Cet exercice requiert de mobiliser les notions expliquées lors de la conférence et de se positionner par rapport à un raisonnement qu’on aura décortiqué : tout cela favorise l’acquisition d’une capacité d’analyse.

Les domaines couverts sont pluridisciplinaires. La philosophie politique nous permet de comprendre quel est le but à atteindre. La sociologie politique permet d’appréhender l’environnement et la nature du système politique dans lequel nous nous sommes plongés, mais également de remonter à ses racines et de voir comment il a évolué et s’est développé.

Une partie est consacrée à l’histoire politique. Il s’agit de voir comment les catholiques ont interagi avec le système moderne, avec quels succès et quels échecs, tout cela pour en tirer des leçons dans le combat présent. Nous aborderons évidement la question de la théorie de l’action avec les dangers et les tentations à éviter mais également avec des pistes pour une action ultérieure.  

 

| Vous avez lancé le concept de « transition postdémocratique ». Est-ce utopique de penser une fin de la démocratie ?  

Le système moderne développe des contradictions car il se constitue sur une tension entre liberté et unité avec certes une capacité à rebondir et à traiter les conséquences négatives de ce paradoxe qui sur le long terme ne peut être que délétère. Nous sommes aujourd’hui dans la fin du système moderne. C’est une agonie qui peut être longue. Les soubresauts sont nombreux, dans tous les cas, ce système n’a pas les promesses de l’éternité. Il y a ici une forme d’analogie – les choses sont malgré tout beaucoup plus subtiles dans le système occidental – avec le système communiste qui développait d’autres formes de contradictions et tensions.  

 

| Qui sont les différents intervenants de la prochaine session d’été ?  

La session d’été qui est le coup d’envoi de la formation aura lieu les 15,16 et 17 juin en région parisienne à Loisy. Y interviendront Thibaud Collin, Philippe Maxence, l’abbé Barthe et moi-même.  

 

>> à lire également : Notre quinzaine : Catholiques, un point c’est tout !

 

Solène Grange 

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneChroniquesSociété

D’où vient l’autorité que l’on invoque aujourd’hui ?

C'est logique de François-marie Portes | Réagissant à une série de violences graves caractéristiques de la société française contemporaine, Gabriel Attal tentait récemment, sous l’œil des caméras, de démontrer son autorité devant des jeunes promis à un séjour en internat. Un exercice qui n’a pas enté couronné de succès. La notion claire de ce qu’est l’autorité permet de comprendre pourquoi. 

+

autorité auctoritas
Société

Les Maisons d’Alliance, des béguinages modernes

Initiative chrétienne | Au moment où le projet de loi sur la fin de vie promet de renvoyer les personnes âgées à leur poids financier sur la société, avec la possibilité de les euthanasier, des initiatives se développent pour leur permettre d’avancer sereinement vers la mort en restant autonomes aussi longtemps que possible, reliées aux autres et soutenues spirituellement. Entretien avec Frédéric Zack, directeur général de l’association « Maisons d'Alliance ».

+

maisons d'alliance
SociétéBioéthique

« La loi sur la fin de vie ne fait qu’aggraver le sentiment de culpabilité de certains handicapés. »

Entretien | La proposition de loi sur la fin de vie ayant été adoptée par les députés jeudi 16 mai, elle sera débattue au Sénat à partir du 26. Afin d'alerter sur les enjeux et conséquences de cette loi, l'Office Chrétien des personnes Handicapées (OCH) a publié lundi 13 mai, un communiqué intitulé « Fin de vie : Et les plus fragiles dans tout ça ? » et signé par une quinzaine d'associations et d'organismes du domaine de la santé engagés pour la vie des plus fragiles. Emmanuel Belluteau, président de l'OCH, nous éclaire sur les raisons de cette tribune et les enjeux de la proposition de loi.

+

old patient suffering from parkinson fin de vie
SociétéBioéthique

L’IA générative : rivale ou alliée de l’homme ?

Entretien | Devant les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle (IA), la question qui vient d’abord à l’esprit est celle de sa capacité à remplacer l’être humain. Mais au-delà des performances de plus en plus sidérantes des machines, la question reste celle de leur utilisation vertueuse et surtout de la puissance unique de l’intelligence humaine, seule ordonnée à la vérité. Analyse du Doyen de l’IPC, Emmanuel Brochier.

+

IA intelligence artificielle
SociétéLectures

Faire grandir les enfants avec Honoré, l’écureuil et Marceline, l’hirondelle

Recension jeunesse | La rédaction de L’Homme Nouveau vous propose une page recension de lectures jeunesse pour ce mois de mai, avec un choix éclairé de quelques histoires à lire ou faire lire, et autres activités. Avec les albums Honoré, l’écureuil qui refusait d’aider et Marceline, l’hirondelle qui voulait faire confiance, les enfants retiendront une belle leçon de vie à la lumière de l’Évangile. Paru dans le n°1807.

+

enfant lecture
EgliseDoctrine socialeMagistère

Dignitas infinita, quels fondements philosophiques ?

Entretien | La dernière déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, Dignitas infinita, datée du 2 avril 2024, revient sur la dignité et sur les droits de la personne humaine. Le texte fait référence à la Déclaration des droits de l’homme de 1948 et s’appuie sur le personnalisme catholique développé au XXe siècle. Explication par Guilhem Golfin, docteur en philosophie et professeur à Paris, contributeur de l’ouvrage La Dignité humaine. Heurs et malheurs d’un concept maltraité. 

+

Dignitas infinita