Franc-maçonnerie et politique  : la religion de la République ? (1/3)

Publié le 10 Mai 2023
Franc-Maçonnerie
Ancien franc-maçon, converti, Serge Abad-Gallardo a passé vingt ans au sein de la loge des Droits humains. Depuis son retour au catholicisme, il s’attache à révéler la face cachée de la franc-maçonnerie dont il dénonce les manœuvres occultes dans les sphères politiques, visant à instaurer une religion universelle, progressiste et mondialiste en lutte contre l’Église. 

 

Dans votre ouvrage Franc-maçonnerie et politique, vous retracez le combat de la maçonnerie contre l’Église catholique. Comment décririez-vous les rapports entre la franc-maçonnerie et la religion ?   

  La franc-maçonnerie est en elle-même une religion. Je le démontre dans un précédent ouvrage intitulé Secret maçonnique ou vérité catholique (Artège, 2019). Mais la maçonnerie refuse une telle appellation. Car elle est à l’origine de la loi de 1905 qui interdit expressément l’intervention de la religion dans le débat politique, donc nier l’aspect religieux de leurs assemblées permet aux obédiences les plus politiques d’interférer librement dans les discussions publiques. L’ancien ministre socialiste Vincent Peillon l’a très bien décrit lorsqu’il s’est exprimé sur la question. Il n’est pas prouvé qu’il soit franc-maçon, mais il en a épousé les idées, et peut être considéré comme ce que l’on appelle un « maçon sans tablier ». Il a expliqué que la maçonnerie est la religion de la République française.  Par ailleurs, les spécialistes des religions définissent plusieurs critères permettant d’affirmer le caractère religieux d’un phénomène philosophique ou courant de pensée. Ils se retrouvent tous dans les pratiques maçonniques.   

Quels éléments vous permettent-ils de définir la franc-maçonnerie comme une religion ? 

  D’abord, les loges partagent un idéal commun, celui d’apporter le bonheur à l’humanité par la lumière de la franc-maçonnerie. Ensuite, nous observons l’existence de rites ; parmi les plus connus, nous pouvons citer le Rite écossais ancien et accepté, le Rite émulation, etc. Toutes les obédiences utilisent tous les rites maçonniques avec parfois des exclusivités (par exemple, le Droit humain ne pratique que le Rite écossais ancien et accepté). Dans les pratiques maçonniques, nous retrouvons des cérémonies comme le rite d’initiation, puis ceux qui ponctuent le parcours initiatique, mais également la reconnaissance conjugale (mariage maçonnique) ou bien les rites funéraires.  Enfin, nous trouvons des adeptes; et l’existence d’un lien entre eux. Les membres doivent assister au minimum à deux «tenues» (réunions) par mois lorsqu’ils appartiennent aux…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Maitena Urbistondoy

Maitena Urbistondoy

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéÉducation

Des assises pour l’éducation intégrale

ENTRETIEN | Le 19 mars se tiendront au Collège des Bernardins, à l'initiative de « Saint-Joseph Éducation », les Assises de l'éducation intégrale. Grande première : les intervenants et les participants sont issus de l'enseignement catholique sous contrat et hors contrat. Entretien avec François-Xavier Clément, fondateur de Saint Joseph Éducation.

+

assises éducation intégrale
SociétéFin de vie

Enquête sur l’ADMD (3/3) : L’ECLJ : Pour le bien commun et la défense des plus fragiles

DOSSIER « L’ADMD : enquête sur une étrange association » | Depuis plusieurs mois, l’ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), une organisation de juristes chrétiens, se mobilise contre le projet de loi française sur l’euthanasie à travers des travaux de grande qualité. Mais son champ d’action est beaucoup plus vaste comme le précise ici son directeur, Grégor Puppinck.

+

maxresdefault ECLJ
Société

Enquête sur l’ADMD (2/3) : Évolution intellectuelle du mouvement euthanasiste

DOSSIER : « L’ADMD : enquête sur une étrange association » | L’euthanasie, aujourd’hui en voie de normalisation dans plusieurs pays occidentaux, est l’aboutissement d’une évolution intellectuelle commencée à la fin du XIXᵉ siècle. Examinons son origine anglo-saxonne, son utilisation par le nazisme et son évolution jusqu’à devenir aujourd’hui un nouveau « droit » individuel.

+

admd euthanasie