France, qu’as-tu fait de ton agriculture ?

Publié le 14 Déc 2013
France, qu’as-tu fait de ton agriculture ? L'Homme Nouveau

En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours. Ce chiffre, et ce thème – même si les causes sont forcément multiples – révèlent plus que de longs discours la crise profonde qui touche le monde agricole et la société rurale. Cependant, l’enquête de l’Institut national de veille sanitaire (INVS), qui dresse ce terrible constat, ne manque pas de faire apparaître un autre point. « Ces observations, note-t-il, coïncident avec la temporalité des problèmes financiers rencontrés dans ces secteurs sur la période d’étude ». Ce qui traduit dans un français audible par tous, et qui échappe au charabia pseudo-scientifique, veut dire que les agriculteurs se suicident surtout parce qu’ils sont pris à la gorge par les problèmes financiers.

Le productivisme appliqué à l’agriculture

Qui s’en étonnerait ? La politique agricole commune (la fameuse PAC) n’a cessé de pousser nos agriculteurs à l’endettement. Considérés comme de simples unités de production au sein du vaste marché mondial, dans lequel s’insère également le marché européen, les agriculteurs français ont souvent l’impression d’être réduits au rôle de variable d’ajustement. En l’occurrence, on a juste oublié que cette variable vit, travaille et meurt, et même parfois tragiquement, si l’on en croit les chiffres de l’INVS. On a juste mis de côté cette réalité que les temps de crise se chargent de remettre au-devant des esprits : sans l’agriculture, le reste du monde meurt de faim.

Pas de vraie remise en cause

Dès lors, ce qui est étonnant, ce n’est pas la révolte des agriculteurs, les routes bloquées et même, hélas, les accidents liés à celles-ci. Ce qui est étonnant, c’est que depuis tant d’années, le monde agricole ne soit pas parvenu?à donner?naissance?à?une véritable révolte qui ne se limite pas à des jacqueries sporadiques, bien que très souvent spectaculaires.

Il ne s’agit nullement ici de faire l’apologie de la révolte pour la révolte ou de rêver aux lendemains qui chantent après une table rase générale dont le monde agricole se chargerait, mettant la main dans la boue quand nous, petits-bourgeois urbains, garderions nos souliers vernis et nos mains propres, en sirotant une horrible boisson d’importation devant notre télévision. La révolte n’est qu’un recours ultime, qui doit s’effectuer lorsque certaines conditions ont été réunies, au…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

Le masculinisme (4/4) : L’équilibre au masculin, entre droit et devoir

DOSSIER « Le masculin au risque de la postmodernité » | Sommes-nous face à une impasse, entre un féminisme toujours plus imposé et une génération masculine en proie à un questionnement intérieur, autant social que psychologique, toujours plus douloureux ? La foi catholique, universelle, qui n'est liée ni à une époque ni à un peuple, oriente vers une juste paix et fait régner, dans le service de Dieu et des autres, la plus mâle des vertus.

+

masculinisme
Société

Le masculinisme (3/4) : Face à la sanctuarisation de la femme

DOSSIER « Le masculin au risque de la postmodernité » | Dans Le Soldat impossible, le philosophe Robert Redeker écrivait : « Le soldat a subi un sort semblable au prêtre catholique et au professeur, au fur et à mesure que la société ringardisait le premier sans oublier de rabaisser le second à la fonction d’animateur socioculturel chargé d'enseigner l’ignorance. »  Une décennie plus tard, on peut se demander si le Masculin ne pourrait pas subir le même sort.

+

masculinisme femme
SociétéÉducation

Le masculinisme (1/4) : Mythe ou réalité ?

DOSSIER « Le masculin au risque de la postmodernité » | Opinion ou idéologie, simple mythe ou dangereuse réalité, le masculinisme agite désormais la classe socio-politique et certains dénoncent « une idéologie structurée, organisée, offensive ». Mais il s'agit d'une nébuleuse bien plus complexe, où l'on peut apercevoir les racines du mal.

+

masculinisme
ÉgliseSociété

Exorcismes : il est urgent d’informer les évêques et les séminaristes

Entretien | Le 13 mars dernier, le pape Léon XIV a reçu en audience privée les responsables de l’Association internationale des exorcistes (AIE). L’abbé Henri Forestier, exorciste du diocèse de Fréjus-Toulon, évoque leurs recommandations et leurs préoccupations, dans un monde en proie à un foisonnement de l’occultisme, mais aussi de scandales liés à des pratiques d’exorcisme malvenues voire nocives.

+

Exorcisme