Saint Grégoire le Grand : Homélie 16 pour le premier dimanche de Carême

Publié le 08 Mar 2025
Grégoire le Grand homélie carême

Les quatre docteurs de l'Église d'Occident, Saint Grégoire le Grand, par Gerard Seghers.

> Homélie du premier dimanche de Carême

 


Homélie 16

Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Jean, dite Constantinienne, le premier dimanche de Carême

4 mars 591

 

La tentation de Jésus au désert

Saint Grégoire prêche sur l’épisode de la tentation de Jésus au désert par le diable, qui commande toute la liturgie du Carême, puisque ce temps nous fait revivre la lutte entre le Sauveur et son adversaire, jusqu’à l’écrasement de ce dernier par la victoire du Christ sur la croix. L’orateur commence par s’étonner que le diable ait eu le pouvoir de conduire le Fils de Dieu où il lui plaisait. Mais il montre que ce fait s’harmonise bien avec le plan du Salut. Le pape expose ensuite les différences entre nos tentations et celles du Christ. Quelques explications préliminaires peuvent être utiles pour bien comprendre sa pensée. Quand nous sommes tentés, la tentation trouve en nous des résonances : elle excite notre convoitise déréglée par le péché originel. Entraînés par le plaisir mauvais, dont nous ressentons déjà l’avant-goût, nous donnons alors facilement notre consentement au mal. Seul ce consentement de la volonté constitue proprement le péché. Mais la concupiscence déréglée qui nous y porte avec tant de force, en conséquence du péché originel, est à l’origine de bien des combats, décrits par saint Paul : « Je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de ma raison, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres [la concupiscence]. Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rm 7, 23-24). Jésus, Dieu incarné, n’a pas été marqué par le péché originel. La tentation ne trouve donc rien en lui de déréglé qui puisse se délecter dans le mal, et encore moins y consentir. Dans la suite de l’Homélie, le prédicateur oppose les trois tentations auxquelles Adam a succombé à celles dont le Christ triomphe. Saint Paul, le premier, avait comparé Jésus et Adam. De même que par un seul homme (Adam), le péché est entré dans le monde, par l’obéissance d’un seul (Jésus-Christ, nouvel Adam), tous les hommes ont été justifiés (cf. Rm 5, 19). La tentation du Christ peut donc très légitimement être présentée, d’après l’exégèse de Grégoire, comme « l’anti-péché originel ». La fin de l’Homélie…

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