Intelligence artificielle : abuse-t-on des mots ?

Publié le 27 Fév 2025
intelligence artificielle

L’intelligence ne se résume pas à l’imagination et à la mémoire. © Pixabay/Carlos Villada

> C’est logique ! de François-Marie Portes
Inquiétante, enthousiasmante, stimulante, promesse d’avenir ou danger pour l’humanité, l’intelligence artificielle est la source de tous les fantasmes et de toutes les spéculations… Mais pour poser des jugements équilibrés, encore faut-il savoir de quoi l’on parle. Mise au point sur les termes.

  Le 28 janvier dernier, en la fête de saint Thomas d’Aquin, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi et le Dicastère pour la Culture et l’Éducation ont publié un document intitulé Antiqua et nova, Note sur les relations entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine. Lorsque l’Église s’empare d’un sujet pour en déterminer les contours rationnels et moraux, l’intérêt et la curiosité du logicien sont piqués. La question morale, bien que passionnante, ne sera pas notre objet ici. Notre expertise logique restera au perron du vaste sujet de l’Intelligence Artificielle (IA). Comme souvent il sera questionné la définition des termes employés.

Opposé à ce qui est naturel

Le mot « artificiel » ne pose que peu de problèmes quant à sa signification. Il s’agit d’un qualificatif qui caractérise une réalité dont l’existence et le principe de mouvement trouvent leur source dans une action humaine. « Artificielle » s’oppose donc strictement à « naturelle ». En effet, ce qui est naturel désigne des réalités qui possèdent en elles-mêmes leur principe de mouvement. Parler d’une intelligence artificielle c’est donc accepter une cause humaine à l’intelligence. Pour autant, le terme d’« intelligence » ne cesse d’échapper à qui tente de le définir. Lorsque l’on parle de l’intelligence artificielle, on distingue l’intelligence artificielle générative (IA générative) qui est une catégorie d’IA « qui se concentre sur la création de données, de contenu ou de choses artistiques, de façon indépendante » (1) de l’IA classique, « qui se concentre, quant à elle, sur des tâches spécifiques telles que la classification, la prédiction ou la résolution de problèmes » (2). Quel que soit l’usage du mot « intelligence » ici, il repose en définitive sur son étymologie.

Ne pas s’arrêter à l’étymologie

Le mot « intelligence » nous vient du latin « inter » et « ligere » signifiant respectivement « entre » et « relier ». Aussi, la tentation première lorsqu’il s’agit de définir l’intelligence est de déclarer qu’elle est « la capacité à faire des liens ». Mais le problème des étymologies, c’est qu’elles nous renseignent la plupart du temps de manière métaphorique sur la réalité concernée. Par conséquent, les personnes voulant définir un objet en sollicitant l’étymologie se retrouvent bien souvent avec des idées plus…

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François-Marie Portes

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