Introït Terribilis est

Publié le 09 Oct 2014
Introït Terribilis est L'Homme Nouveau

Les premiers mots du chant d’entrée de la dédicace des églises pourraient nous tromper : « Ce lieu est terrifiant… ». Chanter cet introït en obéissant strictement à la lettre du texte, de manière à faire prendre conscience aux fidèles qu’ils doivent pénétrer en tremblant dans le sanctuaire, ce serait faire erreur. La mélodie grégorienne, une fois de plus, rehausse le texte, et ce faisant nous livre la clé de l’interprétation authentique d’un tel chant. C’est un deuxième mode, un vrai deuxième mode puisqu’il se meut tout entier dans la quinte au-dessus du ré (*) et dans la quarte inférieure en dessous de ce même ré (*). Le deuxième mode est susceptible d’une grande diversité de nuances, allant du caractère grave et presque lourd à la grâce la plus légère. Notre introït, lui, est surtout tout plein d’une admiration sans bornes. Et cette admiration, le compositeur ne l’a pas traduite par un enthousiasme lyrique débordant, mais au contraire par une douce gravité mélodique et un élan modéré.

Amabilité et noblesse

Tout est aimable dans cette pièce, d’une amabilité qui se révèle pleinement à la fin, dans le verset charmant du psaume 83 : « Que tes sanctuaires sont aimables, Seigneur de l’univers, mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur ». Une amabilité qui s’allie parfaitement à la noblesse de la ligne mélodique, évocatrice de la noblesse du lieu qui est destiné à recevoir la majesté divine. La crainte et le respect contenus dans le texte sont ainsi tout imprégnés d’amour et de confiance. Le Terribilis est du début évoque davantage un profond étonnement qu’une peur : un étonnement devant le grand mystère contemplé dans ce lieu où Dieu lui-même nous attend et nous reçoit comme un Père.

Pour écouter cet Introit (cliquer sur l’image ou là) : 

Partition Terribilis est

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