> Dossier n° 1847 : « Découvrir Jean de Bernières, laïc, mystique et maître d’oraison »
Au XVIIᵉ siècle, que l’on a appelé « le siècle des saints » en France, tant il compte de grandes figures, fondateurs d’ordre ou mystiques, Gaston de Renty et Jean de Bernières sont deux laïcs qui furent aussi de grands auteurs spirituels.
Né en 1611 au château de Bény, près de Vire dans le Calvados, Gaston de Renty, même s’il passa une grande partie de sa vie à Paris, resta très attaché à la Normandie. Il était baron de Landelles et Bény et en « cousinage avec toutes les maisons importantes de Normandie » (1). Entré à 17 ans à l’Académie militaire, il fut d’abord un brillant officier, passionné par les sciences (il est l’auteur, notamment, d’un traité de cosmographie et d’un manuel de fortification). Il se maria à 22 ans à Élisabeth de Balsac, issue de la grande noblesse et proche de la couronne. De ce mariage naîtront cinq enfants.
De grandes grâces
Après la mort de son père au combat, en juin 1638, Renty quitta l’armée, s’éloigna de la Cour et voulut désormais consacrer sa vie à Dieu et à des œuvres de charité, sans manquer à ses devoirs de père de famille. En 1639, une mission prêchée « à six ou sept lieues de Paris » par les pères de l’Oratoire, sous la direction du père Charles de Condren, fut l’occasion de sa conversion. Il s’y rendit à pied et y fit une confession générale. Son premier biographe dira : « Il reçut tant de grâces en cette vocation nouvelle qu’il marquait ce temps comme le commencement de sa conversion entière à Dieu et de sa parfaite consécration à son service » (2). Cette même année, il entra dans la Compagnie du Saint-Sacrement, fondée quelques années plus tôt à Paris, et dont il sera à onze reprises supérieur. Œuvre de laïcs qui s’établit dans de nombreuses villes de province, la Compagnie était tout à la fois une confrérie de dévotion et une association de charité. Elle était fondée sur le secret. Non parce qu’on y menait des complots, comme l’en accuseront ses détracteurs et certains auteurs, mais parce que, disait le 10e article de son règlement, « la fin de ce secret, c’est de donner moyen d’entreprendre les œuvres fortes avec plus de prudence, de désappropriation…







