Le 11 mai 2022, la Colombie a dépénalisé le suicide assisté. L’euthanasie y est déjà légale depuis 1997. Les évêques colombiens ont publié un communiqué de protestation.
Le pays pionnier
En Amérique latine, la Colombie est connue pour sa précocité en terme de législation mortifère. L’euthanasie y est autorisée depuis 1997, et l’année dernière Victor Escobar fut le premier patient à être euthanasié alors même qu’il n’était pas en phase terminale. Le 11 mai dernier, la Cour constitutionnelle est allée encore plus loin en dépénalisant le suicide assisté à six voix contre trois. Désormais l’assistance au suicide ne sera plus passible des 32 à 108 mois de prison prévus par l’article 107 du code pénal. Un patient atteint d’une maladie grave ou incurable, pourra ainsi avoir recours au suicide médicalement assisté. Il s’agit bien d’une euthanasie durant laquelle le patient lui-même, si son état physique ou moral ne lui paraît pas être compatible avec son idée de la dignité, s’administre les médicaments qui le tueront. Actuellement dix pays – auquel il faut ajouter quelques états américains et australiens – autorisent cette pratique.
La réaction épiscopale
La conférence épiscopale de Colombie a réagit en communiquant sa « profonde douleur » devant cette décision de la Cour constitutionnelle. Les évêques ont réaffirmé que le suicide n’est jamais un droit, tout en rappelant que la constitution colombienne précise en son 11e article que « le droit à la vie est inviolable. » Concluant le communiqué, les évêques réitèrent leur engagement à être les porteurs de l’Evangile de la vie.