La doctrine sociale de l’Église existe-t-elle ?

Publié le 15 Mar 2022
doctrine sociale

Avant même de présenter les principes qui la constituent, une question s’impose concernant la doctrine sociale de l’Église : existe-t-elle seulement ? L’interrogation pourra sembler étrange. Pourtant, dans les années 1960 et 1970, il n’a pas manqué de théologiens ou de penseurs chrétiens pour en remettre en cause l’existence ou la réduire à une idéologie parmi d’autres.   Une idéologie parmi d’autres ? Très souvent ignorée, ou mise en cause comme idéologie – ce fut le cas dans un livre célèbre du dominicain Marie-Dominique Chenu (1) –, la doctrine sociale de l’Église n’est pas née au XIXe siècle. Dans sa première encyclique sociale, Laborem exercens (2), le pape Jean-Paul II en rappelait la spécificité, l’origine et la richesse : « La doctrine sociale de l’Église, (…) trouve sa source dans l’Écriture sainte, à commencer par le Livre de la Genèse, et particulièrement dans l’Évangile et dans les écrits apostoliques. Elle faisait partie, dès le début, de l’enseigne­ment de l’Église elle-même, de sa conception de l’homme et de la vie sociale, et spécialement de la morale sociale élaborée selon les nécessités des diverses époques. Ce patrimoine traditionnel a été ensuite reçu en héritage et développé par l’enseignement des Souverains Pontifes sur la moderne “question sociale”, à partir de l’encyclique Rerum novarum. » (3) Loin d’être une idéologie, un système clos sur lui-même sans rapport avec la nature des choses, la doctrine sociale catholique contient donc les principes sociaux et politiques nécessaires à la vie des hommes en société en étant clairement ordonnée au règne social du Christ. Comme le rappelle, en effet, le Catéchisme de l’Église catholique (n. 2105) : « Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement. C’est là “la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ”. (…) L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines. » Quelle est la place de Rerum novarum au sein de cette doctrine ? L’encyclique Rerum novarum (« Les choses nouvelles ») du pape Léon XIII (1810-1903) est souvent présentée comme le point de départ de la doctrine sociale de l’Église. Celle-ci prend en fait appui sur tout le patrimoine doctrinal de l’Église, aussi bien théologique que philosophique, pour apporter le jugement et les préconisations de l’Église dans un contexte nouveau…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

La Rédaction de Reconstruire

Ce contenu pourrait vous intéresser

ÉgliseLéon XIV

La sagesse de Léon XIV

L’Essentiel de Thibaud Collin | Devant un large éventail de participants, au Stade de France, à Notre-Dame de Paris à Lourdes ou à Metz, Léon XIV a su rappeler, pendant son voyage en France, avec sérénité et profondeur, les fondamentaux d'une civilisation chrétienne. Une véritable thérapie spirituelle pour une nation dont l'avenir est à vue humaine bien sombre.

+

Léon XIV france voyage sagesse sage
ÉgliseMagistère

Les splendeurs de Marie corédemptrice

Deux livres sont parus récemment en France portant sur la question, théologiquement débattue, de Marie comme corédemptrice. En soulignant l'intérêt de ces ouvrages, l'abbé Claude Barthe indique aussi fortement la convenance qu'il y a à donner ce titre à la Vierge Marie.

+

marie corédemptrice
ÉgliseMagistère

Un colloque international sur la Vierge Marie

Entretien | Les 7 et 8 octobre prochains se déroulera à Rome un colloque international sur la Vierge Marie dans le dogme et le culte. Ouverte à tous, cette rencontre sera honorée par les interventions des cardinaux Müller et Burke. L’une des organisatrices, Virginia Coda Nunziante, précise ici les buts et le sens de cet événement.

+

colloque vierge marie
ÉgliseÉglise de FranceLéon XIV

Léon XIV en France : Un voyage résolument catholique

Spécial venue du Pape en France | Le succès du voyage apostolique de Léon XIV apparaît comme une divine surprise dans un pays ou le catholicisme semble condamné à disparaître et où l'épiscopat est encore à la remorque du progressisme. Le ton résolument spirituel du Souverain Pontife a conquis les foules et son courage moral face aux politiques mérite d'être souligné malgré l'omission de certains sujets.

+

Léon XIV pape